Belgique Les ultimes blocages ont été surmontés. Objectif : former, à terme, un islam de Belgique.

Après plusieurs mois de blocage et une longue création, l’Institut de promotion des formations sur l’islam a été lancé ce lundi.

Il a pour objectif de proposer des formations théologiques aux imams, aumôniers islamiques ou encore aux professeurs de religion islamique.

Ces formations seront ancrées dans la réalité du terrain belge pour former, à terme, un islam de Belgique. Il s’agit de combler le vide existant en termes de formation des cadres musulmans. En Belgique, très peu de formations sont à leur disposition, ce qui en amène certains à se former à l’étranger, en Egypte et en Arabie saoudite par exemple.

L’Institut recensera les formations créées en Belgique, en proposera de nouvelles et les financera. Elle soutiendra également la création des futures formations théologiques pour cadres musulmans. "Une formation linguistique à destination des imams ne parlant pas le français sera proposée. Elle ne sera pas organisée par l’Institut mais ce dernier entrera en contact avec des opérateurs", explique Andrea Rea, coprésident de l’Institut, professeur à l’ULB et directeur du Groupe de recherche sur les relations ethniques, les migrations et l’égalité (GERME).

Initialement prévu pour la rentrée académique 2017, le lancement de l’Institut aura finalement eu un peu de retard.

En avril dernier, l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) avait en effet bloqué le processus visant à créer l’Institut, pourtant réclamé depuis un an par le ministre de l’Enseignement supérieur de la Fédération Wallonie-Bruxelles Jean-Claude Marcourt (PS).

Séparation entre le religieux et l’Etat

En 2015 déjà, une commission qui était chargée de réfléchir à la création d’un islam de Belgique avait recommandé la création du fameux Institut. Mais, l’EMB s’inquiétait de la prise de décisions à la majorité puisqu’elle ne comptait que trois votants sur les onze membres du comité de direction. Il a finalement été décidé de prendre les décisions selon le principe du consensus.

L’Ares, l’académie de recherche et d’enseignement supérieur, occupera trois places tout comme les représentants politiques. Les coprésidents, Andrea Rea et Françoise Tulkens, professeur à l’UCL et ancienne juge à la Cour européenne des droits de l’homme en occuperont deux.

Le président de l’Exécutif des musulmans, Salah Echallaoui, a insisté lundi sur la nécessité de maintenir la séparation entre le religieux et l’Etat par la création d’un tel Institut.

Un avis que partage le ministre Marcourt qui a précisé que l’Institut respecterait ce difficile équilibre.

Le ministre a également tenu à ajouter que l’Institut ne s’adresserait pas uniquement aux imams mais doit être perçu dans le spectre plus large du culte musulman.