Belgique

L'Organisation internationale du Travail (OIT) reproche à la Belgique de ne pas utiliser de critères objectifs pour la reconnaissance des organisations syndicales comme représentatives, a affirmé dimanche le professeur émérite de l'université catholique de Louvain (KUL) Roger Blanpain, en se fondant sur le rapport annuel du comité des experts de l'OIT.

Selon l'OIT, le système belge est en contradiction "avec les principes élémentaires de la liberté syndicale".

En Belgique, un syndicat doit, pour être considéré comme représentatif, compter 50.000 membres, être implanté dans tout le pays et siéger au sein du Conseil national du Travail (CNT). Or, le ministre de l'Emploi décide de manière discrétionnaire et souveraine qui siège au CNT, a souligné l'ex-professeur du droit social à la KUL.

Cette forme de représentativité confère un monopole syndical à la FGTB, à la CSC et à la CGSLB. Ils ont ainsi le droit de conclure des conventions collectives légales, de présenter des candidats aux conseils d'entreprises, de siéger au sein des comités paritaires et des tribunaux du travil, et sont aidés financièrement par les pouvoirs publics et les employeurs. Selon le professeur Blanpain, l'OIT appelle la Belgique à modifier sa législation afin de renforcer la liberté syndicale.

L'OIT, l'agence tripartite de l'ONU qui rassemble gouvernements, employeurs et travailleurs de ses Etats membres, a déjà dans le passé critiqué le système d'avantages accordés en Belgique à certains syndicats et pas à d'autres, le jugeant discriminatoire, a encore indiqué le professeur.