Belgique

L'Organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies (Ondraf) a défendu ce lundi son choix de procéder à l'enfouissement passif des déchets hautement radioactifs à l'occasion de la présentation de son inventaire quinquennal. Cette infrastructure, pour laquelle aucun site n'a encore été sélectionné, devrait accueillir les premiers déchets vers 2070, a fait savoir le directeur général de l'organisme, Marc Demarche. Le conseil d'administration de l'Ondraf a validé en février le principe d'un stockage géologique sur le sol belge. Un choix qui avait notamment suscité le courroux d'Ecolo et de son chef de groupe à la Chambre, Jean-Marc Nollet.

"Seule option sûre"

"Le planning reste sujet à caution", rappelle Marc Demarche, qui affirme que ce type d'enfouissement est "considérée comme la seule option sûre au niveau international". L'évolution de la société et les changements climatiques des 100.000 prochaines années étant des impondérables, "le sous-sol seul garantit la sûreté", estime encore le patron de l'Ondraf.

Marc Demarche a distillé plus de détails quant à la procédure qui doit aboutir à la construction de ces installations. Le projet doit actuellement faire l'objet d'une décision politique. Le choix du site doit intervenir à l'horizon 2035, après un processus de participation visant à intégrer les acteurs sociétaux dans l'élaboration du projet. Les demandes d'autorisations seront déposées en 2045 et devraient être approuvées vers 2050. Ce n'est qu'en 2070 que les premiers déchets, de catégorie B (de faible et moyenne activité à longue demi-vie), seront stockés sur le site. Pour les déchets de catégorie C, soit les plus radioactifs, il faudra attendre 2110, selon les estimations de l'Ondraf.

Pour les déchets de courte durée, un site de stockage en surface est actuellement en construction à Dessel (Limbourg). Il sera opérationnel en 2023.

L'Ondraf évalue les coûts nucléaires à 15 milliards d'euros

Les coûts nucléaires en Belgique, soit l'ensemble des coûts de déclassement et de gestion des déchets radioactifs, représentent 15,107 milliards d'euros, ressort-il de l'inventaire 2013-2017 des passifs nucléaires diffusé par l'Ondraf lundi. Lors du précédent inventaire, pour la période 2008-2012, ces coûts étaient évalués à 12,087 milliards d'euros, précise l'Ondraf. Cette augmentation de quelque 25% en cinq ans s'explique par le prix plus élevé du démantèlement des centrales nucléaires (+1,597 milliard d'euros), par la quantité de combustible usé qui a augmenté en raison des années supplémentaires de fonctionnement des centrales et par l'augmentation du coût de la gestion des déchets proprement dite.

Dix-sept sites nucléaires, sur les 608 que compte le pays, représentent à eux seuls 99,6% de cette somme. Parmi ceux-ci figurent notamment les centrales de Doel et Tihange, ainsi que le site de Belgoprocess, la filiale industrielle de l'Ondraf.

Cette évaluation intègre une marge de 15% censée couvrir les aléas et une partie des incertitudes "liées à une connaissance imparfaite des données techniques".

Les coûts nucléaires doivent donner une idée du prix à payer en cas de démantèlement complet de toutes les installations nucléaires du pays. Selon le rapport, le taux de couverture, c'est-à-dire les provisions pour ce faire, s'élève à 99%.