Belgique L’UCL crée la Louvain School of translation and interpreting et St-Louis une nouvelle faculté.

Comme le stipule le décret paysage qui réforme l’enseignement supérieur, les cursus en traduction et interprétariat doivent être intégrés dans les universités dès la rentrée de septembre. C’est l’UCL qui organisera les masters de l’Institut libre Marie Haps (Haute école Léonard de Vinci) à Bruxelles.

Pour ce faire, l’université a créé une école, la Louvain School of translation and interpreting et elle se dote de nouveaux locaux : des salles informatiques équipées d’outils de traduction haut de gamme et un laboratoire d’interprétation high tech. "Nous avons dû réaliser une analyse de l’utilisation des espaces car mon bâtiment était plein comme un œuf. Toute l’université a fait un effort pour nous faire de la place", précise Philippe Hiligsmann, doyen de la faculté Arts et Lettres de l’UCL et porteur du projet de cooptation.

Pas de déménagement en vue

Marie Haps continuera d’accueillir les étudiants en bachelier dans ses locaux mais c’est l’Université Saint-Louis-Bruxelles qui en aura la tutelle. "Le décret prévoit soit un transfert physique vers un bâtiment universitaire soit un droit d’usage des précédents locaux à titre gratuit. Nous avons opté pour cette seconde option, les étudiants de Marie Haps étant contents d’être au cœur des institutions européennes. A ce stade, nous ne prévoyons pas de les accueillir un jour à Saint-Louis", indique Catherine Demain, chef de cabinet du rectorat et coordinatrice de l’intégration de Marie Haps. La plus petite université de Belgique francophone, dont l’intérêt pour l’apprentissage des langues n’est plus à démontrer (elle propose des bacs bilingues depuis plus de 20 ans), va créer une cinquième faculté. Elle sera baptisée "faculté de Traduction-Interprétariat Marie Haps".

Des trajets contraignants

Soixante-trois enseignants de Marie Haps (tous statuts confondus) et une poignée d’employés administratifs vont rejoindre l’équipe des deux universités. "La séparation en deux sites va poser problème pour le personnel. Les trajets vont être contraignants, même si l’on va éviter les allers et retours sur une même journée", souligne Philippe Hiligsmann. Les syndicats n’ont d’ailleurs pas encore apposé leurs signatures sur la convention d’intégration. On les attend pour le 30 juin au plus tard. "Ce n’est pas banal de gérer une double cooptation. Et le point sur lequel Saint-Louis et l’UCL vont avoir une vraie collaboration, c’est le personnel. Il y aura une sorte de comité de pilotage pour suivre l’évolution des programmes. Le passage à l’université, c’est une révolution pour les professeurs et les étudiants", ajoute le doyen.

L’intégration de Marie Haps aura un impact sur les finances de l’UCL. "Il sera lourd mais compensé par le fait que nous allons attirer plus d’étudiants en master", déclare Philippe Hiligsmann. "Les bacs à Marie Haps sont en équilibre financier et nous nous attendons à conserver cet équilibre", signale Catherine Demain.Isabelle Lemaire