Belgique

Si un seul pan de la couverture sociale des indépendants devait encore être amélioré, ce serait la pension, selon un sondage réalisé par l’Union des classes moyennes (UCM), en février et mars derniers, auprès de 635 membres (marge d’erreur de 4,5 %). Loin devant l’assurance faillite, les accidents du travail ou l’indemnisation des arrêts maladie, c’est le montant de la pension qui ne satisfait pas les sondés (voir infographie). Pour 44 % d’entre eux, le montant de leur future pension est insuffisant. Pour un indépendant sur quatre, il est même très insuffisant.

L’Etat pourra-t-il payer ?

L’enquête montre en outre que 62 % des indépendants doutent de la capacité de l’Etat à assumer la charge du vieillissement. Ils espèrent donc une réforme qui assure plus d’équité et la pérennité du système. De quoi conforter l’UCM dans son plaidoyer pour la pension à points, censée mieux faire coïncider les années de travail avec le montant de la pension. Une réforme qui figure dans l’accord de gouvernement Michel mais qui ne devrait pas être adoptée sous cette législature.

Pour Pierre-Frédéric Nyst, président de l’UCM, “ce système n’est pas nécessairement le meilleur, mais il a un avantage important : il apporte plus de justice. Car aujourd’hui, les indépendants perçoivent une pension qui ne correspond pas aux cotisations payées”.

L’ignorance sociale des indépendants

L’enquête de l’UCM montre par ailleurs à quel point les indépendants connaissent mal la couverture sociale dont ils peuvent bénéficier. Ainsi, trois quarts des personnes sondées ignorent l’existence du dispositif de reprise partielle en cas de maladie, qui leur permet de conserver leurs indemnités de maladie durant une période de six mois renouvelable deux fois.

De même, 74,4 % des indépendants ne connaissent pas l’assurance faillite, ou droit passerelle, qui leur garantit des revenus et une couverture sociale durant douze mois. Près de six indépendants sur dix (59 %) ignorent par ailleurs l’existence du congé de maternité indemnisé, et 69 % le droit aux 105 titres-service destinés à aider l’indépendante qui vient d’accoucher.

Bref, les indépendants ne connaissent pas bien leurs droits en matière de couverture sociale, ce qui pourrait constituer, selon l’UCM, un frein au moment où un entrepreneur hésite à se lancer. Pour y remédier, l’UCM propose d’automatiser certains dispositifs (comme les 105 titres-service); d’amplifier les campagnes de communication; et d’informer les indépendants au moment de la survenance du risque (particulièrement en cas de maladie). “C’est déjà le cas des caisses d’assurances sociales, dit l’UCM, cela doit aussi être celui des mutuelles, également des médecins qui sont en première ligne en matière de congé-maladie.”

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