Belgique L’intérêt du podcasting (baladodiffusion) n’est pas des moindres. « L’idée est d’envoyer directement l’information aux étudiants», explique Nicolas Roland, chercheur en sciences de l’éducation. Ce dernier accompagne le projet «ULB Podcast» en assurant la mise en œuvre de son infrastructure matérielle, l’accompagnement pédagogique des professeurs et le volet scientifique. Le chercheur s'occupe aussi de l'accompagnement des étudiants pour les aider à appréhender l'outil.

Grâce à cette technologie, les enseignants peuvent donc diffuser en ligne des fichiers son ou vidéo, par l’intermédiaire d’un flux RSS. Il peut s’agir de cours enregistrés ou de capsules. Les étudiants reçoivent ensuite automatiquement le contenu téléchargé sur un ordinateur personnel. Ils peuvent, en outre, le stocker et l’écouter sur tout support de lecture nomade, comme un smartphone ou un lecteur mp3.

L'objectif principal du projet est de doter les enseignants d'un outil pédagogique complémentaire aux autres moyens d’apprentissage mis à la disposition des étudiants (cours ex cathedra, guidances, permanences, travaux pratiques, etc). «Il y a un entretien initial avec chaque enseignant pour évaluer la pertinence d'introduire le podcasting dans leur dispositif pédagogique, et dans l'affirmative, pour le faire de manière optimale», confie Nicolas Roland.

Le podcasting permet également d'essayer de trouver des solutions à différents problèmes. Notamment, à celui des horaires surchargés des étudiants, qui, de ce fait, ne savent pas assister à tous les cours. Il arrive aussi que pour certaines matières, aucun cours ne soit prévu. C’est le cas pour les premières années de bachelier en sciences économiques et ingénieur de gestion. Aucun cours d’anglais n’est organisé, faute d'un créneau dans l'horaire des étudiants. Marjorie Castermans, titulaire de cette matière, diffuse donc régulièrement des capsules dans lesquelles elle cible différents chapitres. Dans ces séquences brèves (4 à 5 minutes), elle approfondit la matière en l’illustrant et en la contextualisant.

Les capsules impliquent une longue préparation et demandent aux professeurs de revoir leur manière d’enseigner, admet le chercheur. Raison pour laquelle il aide ceux-ci à y développer une structure pédagogique. «Un module de 20 à 25 minutes, composé de 4 capsules, peut prendre 3 à 4 heures de préparation, d’enregistrement et de montage. L’information y est présentée de manière structurée et est enrichie de son, d’images et de couleurs », explique-t-il. Le projet «ULB Podcast» auquel participent une vingtaine d’enseignants semble porter ses fruits. «Je constate déjà que les podcasts sont très regardés par les étudiants, qu’ils s’agissent des enregistrements de cours ou des capsules. Qui plus est, leurs retours sont très positifs. Il faudra toutefois prendre le temps d’évaluer scientifiquement leur intégration tant du côté des étudiants que des enseignants», conclut Nicolas Roland.

Site du projet "ULB Podcast" : http://podcast.ulb.ac.be