Belgique

La Belgique était le quatrième pays comptant la surpopulation carcérale la plus importante en 2015, avec 127 prisonniers pour 100 places disponibles, selon les statistiques présentées mardi par l'Institut de Criminologie et de droit criminel de Lausanne (Suisse) pour le Conseil de l'Europe. La Belgique n'était devancée que par l'Ancienne République yougoslave de Macédoine (138 prisonniers pour 100 places disponibles), l'Espagne (133) et la Hongrie (129). La Belgique faisait également partie des pays européens affichant le plus haut taux de prisonniers étrangers avec 40%, derrière la Suisse (71%), la Grèce (54%), l'Autriche (53%) et l'Espagne (44%). La proportion moyenne d'étrangers dans les prisons des 47 pays-membres du Conseil de l'Europe analysés pour cette étude atteignait 10,8% en 2015, contre 13,7% en 2014, et grimpait à 26,1% pour les seuls membres de l'Union européenne.

Le taux belge de suicide pour 10.000 personnes incarcérées atteignait par ailleurs 13,6 en 2015, soit près du double de la moyenne européenne (7,2). La proportion la plus importante a été observée à Chypre (44,1). Le suicide est la deuxième cause de mortalité dans les prisons analysées, après les causes naturelles, et environ 25% des cas concernent des personnes en détention préventive.

Plus généralement, le nombre de personnes incarcérées dans les établissements pénitentiaires européens a baissé de 6,8% entre 2014 et 2015, atteignant 1.404.398 prisonniers (115,7 pour 100.000 habitants) au 1er septembre 2015. D'après le rapport, la population carcérale a diminué de 3,5% en Belgique entre 2014 et 2015, contre 4,8% en Allemagne, 9,5% aux Pays-Bas et 16,7% en France. Le nombre de personnes incarcérées a par contre augmenté de plus de 10% en Albanie, en République tchèque ou encore en Turquie.

Les femmes représentent 5,2% du total.

"L'importance de la population carcérale est influencée par deux facteurs: le taux de criminalité et la politique criminelle du pays", analyse Marcelo Aebi de l'Ecole des sciences criminelles de l'université de Lausanne, qui a dirigé l'étude. "Nous constatons une baisse du nombre de prisonniers depuis plusieurs années, qui peut s'expliquer par la diminution de la criminalité traditionnelle en Europe, comme les vols ou les meurtres."

Les pays comptant la population carcérale la plus importante sont la Russie (439,2 prisonniers pour 100.000 habitants), la Lituanie (277,7), la Géorgie (274,6) et l'Azerbaïdjan (249,3). Les taux les plus bas sont observés aux Pays-Bas (53), en Finlande (54,8), au Danemark (56,1) et en Suède (58,6). La Belgique compte elle 113,7 prisonniers pour 100.000 habitants.

Mais la surpopulation carcérale reste un problème important malgré la baisse générale du nombre de personnes incarcérées en 2015, ajoute l'Institut de Criminologie et de droit criminel de Lausanne. Le phénomène concernait 15 des 45 administrations pénitentiaires analysées, contre 13 l'année précédente.

Le niveau de surpopulation dans les prisons belges ne cesse cependant de diminuer, a indiqué fin janvier le ministre de la Justice Koen Geens. En novembre 2016, la surpopulation carcérale s'élevait ainsi à 9,88%, contre 10,10% l'année précédente et 24,1% en 2013, d'après les chiffres du ministre.