Belgique

L'un des experts de la commission d'enquête sur les attentats terroristes suggère de confier la Grande Mosquée de Bruxelles à l'Exécutif des musulmans de Belgique, rapporte lundi le quotidien "L'Avenir". La commission d'enquête mise sur pied à la suite des attentats du 22 mars 2016 a commencé à plancher à huis-clos sur son rapport consacré au troisième volet de sa mission, à savoir le phénomène du radicalisme en Belgique.

Les experts de la commission ont préparé une ébauche de rapport, fruit des auditions menées cette année. La commission avait invité à deux reprises des responsables de la Grande Mosquée du Cinquantenaire, lieu emblématique de l'islam en Belgique, décriée pour la vision très rigoriste de l'islam qui y serait enseignée.

Une note de la Sûreté de l'Etat de 2015 mettait ainsi en cause la Grande Mosquée dont les prêches et les cours "promeuvent intrinsèquement le rejet de tous ceux qui ne sont pas salafistes et peut donc mener à un degré supérieur de radicalisation, voire à une radicalisation violente" sans établir toutefois de lien direct avec le terrorisme ou des combattants à l'étranger.

Les auditions de l'imam de la Grande Mosquée et du directeur du Centre Islamique et Culturel de Belgique (qui chapeaute le lieu) se sont déroulées dans un climat tendu, révélant un gouffre entre les parlementaires et les dirigeants de l'institution. Ceux-ci ont rejeté les accusations de radicalisme et expliqué que l'islam qui était prêché était celui du "juste milieu".

La mainmise sur la mosquée de l'Arabie saoudite, à travers la Ligue islamique mondiale, a été particulièrement mise en cause. Une forme de reprise par l'Exécutif des Musulmans de Belgique permettrait de s'y soustraire et de créer un lieu de culte représentatif de l'islam belge. Pour être mise en oeuvre, la convention impliquera de casser la concession accordée en 1967 par la Belgique au royaume saoudien, une opération qui pourrait s'avérer diplomatiquement délicate.

L'idée -qui ne convainc pas tous les parlementaires- doit être vue dans un contexte plus large d'un meilleur contrôle des mosquées et de la promotion d'un islam tolérant et plus progressiste en Belgique. Parmi les propositions formulées par les différents groupes politiques de la Chambre, figure également une interdiction du financement étranger des cultes en Belgique et une plus grande transparence financière de ceux-ci.