Belgique

Dix-neuf quartiers militaires, de plusieurs tailles, fermeront leurs portes au cours des prochaines années dans toutes les provinces belges, à l'exception de celle de Luxembourg, a annoncé lundi un haut responsable militaire devant les commissions réunies de la Défense de la Chambre et du Sénat.

La plupart de ces fermetures auront lieu en Flandre, a précisé le lieutenant-général Hedwig Van Remoortel devant les parlementaires, réunis pour l'occasion au quartier Reine Elisabeth à Evere, qui abrite l'état-major général de l'armée, en présence de toute la hiérarchie militaires, de syndicalistes militaires et de nombreux journalistes. Il a aussi évoqué la fermeture possible d'autres «petites » installations.

Les militaires ont été simultanément informés individuellement de ces décisions par la distribution d'une brochure de 24 pages détaillant les mesures de restructuration et imprimée dans le plus grand secret.

Présentant les mesures de restructuration - longuement attendues - qu'il a prises en application du «plan stratégique de modernisation » de l'armée d'ici 2015 approuvé l'an dernier par le gouvernement, le ministre de la Défense, M. André Flahaut (PS), a souligné qu'il avait voulu préserver l' «équilibre relatif actuel » dans l'implantation régionale des unités militaires. Il a aussi rappelé la philosophie générale de ce plan, qui consiste à réduire les effectifs en quinze ans «sans licenciements » pour favoriser le rééquipement en matériel, en donnant la priorité aux unités opérationnelles.

Plusieurs installations souvent considérées comme menacées ont ainsi été préservées, comme celles de Saive (près de Liège) qui accueillera une partie des unités rapatriés d'Allemagne entre 2003 et 2006, de Diest - la garnison du 1er bataillon parachutiste - et d'Ypres, qui abrite une unité logistique.

En province d'Anvers, trois quartiers fermeront leurs portes: ceux de Brasschaat-Oost et Weelde, ainsi que le fort de Zwijndrecht.

Dans les provinces de Brabant et en Région bruxelloise, le quartier d'Evere-Nord (face au siège de l'OTAN) occupé par de nombreuses unités de la Force aérienne, la caserne de Laeken, la caserne Panquin à Tervueren et un dépôt à Landen sont condamnés à disparaître. L'arsenal ASIAT de Vilvorde déménagera vers la caserne de Peutie toute proche.

La Flandre occidentale sera frappée par la fermeture à terme de quartiers existant à Lissewege, à Vlissegem (près de Zeebrugge) et à Ostende. L'école des sous-officiers néerlandophones installée à Zedelgem devrait fermer en 2007 lors de la création à Saffraanberg (près de Saint-Trond) d'une école interforces pour l'ensemble des sous-officiers.

En Flandre orientale, la caserne de Destelbergen fermera ses portes tout comme celle de Thuin en Hainaut.

Dans la province de Liège, deux quartiers sont condamnés: celui de Ans, abritant une compagnie de transport de la Force terrestre et Saint-Laurent.

Dans la province du Limbourg, la caserne de Helcheteren fermera ses portes tout comme le centre-radar de Glons (entre Liège et Tongres), qui appartient pourtant à la chaîne de détection et de défense aérienne de l'OTAN, en pleine modernisation.

Dans la province de Namur, seule l'école des sous-officiers francophones de Dinant sera, elle aussi, transféré à Saffraanberg, a ajouté le lieutenant-général Van Remoortel, qui a dirigé les travaux d'un groupe de travail sur la restructuration de l'armée.

De très nombreuses autres unités seront restructurées ou déménageront. Il s'agit de la compagnie Special Forces (forces spéciales) qui quittera Flawinne pour Lombardsijde (Nieuport), le 16ème bataillon d'hélicoptères qui s'installera à Coxyde sur une base devenue «interforces » après avoir troqué ses vieilles «Alouette II » pour des hélicoptères de transport entre 2007 et 2011. Le 2ème bataillon d'artillerie fera pour sa part mouvement d'Helchteren vers une partie du domaine militaire de Brasschaat maintenu.

Interrogé par les parlementaires, qui ont généralement approuvé la manière dont le ministre a fait part de ses décisions, M. Flahaut a laissé entendre qu'une concertation restait possible avec les organisations syndicales et les autorités communales des localités concernées.