La Belgique unitaire fait rêver quatre Belges sur dix

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Belgique

Et si l’on devait organiser un référendum sur l’avenir du pays, qu’obtiendrait-on ? Une fameuse surprise. Le sondage de "La Libre Belgique" révèle, en effet, que la population belge marque une nette préférence pour un retour à la Belgique unitaire : 40 % des personnes interrogées en font le souhait. Soit bien plus que les 12 % de gens qui aspirent à la scission du pays et même davantage que les 32 % de Belges qui privilégient un renforcement des pouvoirs exercés par les entités fédérées.

On sait pourtant qu’un retour à un Etat unitaire est pour ainsi dire politiquement impossible. Pourquoi un tel plébiscite alors ? A cause de l’enlisement actuel des négociations institutionnelles qui pousserait les gens, par lassitude, à entretenir la nostalgie du passé ? Parce qu’une structure réunifiée porterait, aux yeux des gens, la promesse d’une gestion des affaires publiques moins chaotique ? Ou parce que les appels de hauts responsables politiques invitant la population à se préparer à une scission (une première côté francophone) ont provoqué un mouvement de panique ? Difficile à dire. Mais on observe que ce désir d’un retour à la Belgique de papa est plus marqué chez les jeunes que dans les tranches d’âge plus élevées - ceux qui n’ont pas connu la Belgique unitaire se feraient-ils une plus belle image de cette période que leurs aînés ? On observe aussi qu’il n’est pas uniformément partagé dans le pays. En Flandre, ils ne sont que 22 % à vouloir à nouveau un Etat unitaire. A Bruxelles et en Wallonie, ils sont respectivement 50 % et 51 %.

Ce sondage montre donc bien pourquoi les partis francophones ont longtemps été " demandeurs de rien " et pourquoi il faut encore les pousser pour aller vers un approfondissement du fédéralisme. Il explique aussi l’empressement des partis flamands à s’y rendre. Les Flamands sont 43 % à espérer une Belgique avec davantage de pouvoirs pour les Régions et les Communautés : c’est là leur préférence. Mais ils ne veulent pas la rupture. Ils sont même moins nombreux à vouloir l’éclatement du pays (16 %) que sa réunification complète (22 %).

Ce qui est sûr, en revanche, c’est que quelque chose doit changer. Seuls 8 % des Belges sont favorables à un statu quo institutionnel. Et ce pourcentage-là est à peu de choses près identique dans les trois Régions.

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