Belgique

Elles sont difficiles à attaquer et ont trouvé sur internet un terrain propice à leur expansion. Les fausses universités sévissent toujours en Belgique, promettant contre des sommes parfois exorbitantes des diplômes sans aucune valeur.

C’est aujourd’hui le ministre de l’Economie et des Consommateurs Kris Peeters (CD&V) qui entend poursuivre ces opérateurs frauduleux. En collaboration avec les ministres de l’Enseignement supérieur des différentes communautés (le socialiste Jean-Claude Marcourt du côté francophone), il demande désormais à l’Inspection économique de mener une enquête sur ces pratiques qu’il qualifie de "trompeuses" et "punissables".

La plupart de ces "universités" sont en réalité de simples sites internet. D’autres proposent parfois des cours, virtuels ou non, mais sans qu’ils soient pour autant reconnus par l’Europe ou les entités fédérées. Ces autorités ont en effet établi une liste blanche des universités, hautes écoles ou écoles supérieures des arts jugées légitimes.

Certains termes ne sont pas protégés

Si le ministre Peeters entend bien souligner que ces entreprises "se rendent coupables d’une pratique commerciale trompeuse", le combat ne sera pour autant pas simple, ne fût-ce que parce que la liberté d’éducation étant garantie par la Constitution, de nombreuses structures ou organisations peuvent s’installer sans trop de difficultés sur le territoire.

En réalité, s’il existe donc bien une liste blanche des établissements et diplômes reconnus, certains termes ne sont pas protégés par la législation. Ainsi, les termes " un iversité " ou " ba chelor " sont protégés et ne peuvent donc pas être facilement utilisés. Mais ce n’est pas le cas pour le terme "university" par exemple, dont s’emparent certains opérateurs pour agrémenter leurs faux diplômes.

Une université dans une friterie

Ce phénomène des fausses universités existe un peu partout. En Belgique, il semble cependant plus présent en Flandre qu’en Wallonie, même si personne ne peut encore le chiffrer.

En mars dernier, le magazine scientifique néerlandophone "EOS" révélait l’existence de dizaines de fausses universités qui se cachaient derrière une petite villa de Fourons ou dans une friterie à Anvers. "La Assalam University Europe à Anvers, la Martin Buber University (MBU) à Fouron-le-Comte et la Robert Schuman University à Borgerhout sont toutes des ‘universités’implantées en Belgique", expliquait à l’époque le journaliste de "EOS" Raf Sauviller. "Elles offrent des formations académiques, des diplômes et des titres. Cela va avec une contrepartie financière. Un diplôme de bachelier à la MBU coûte par exemple 10 000 euros, un master 17 000 et tous deux sont sans valeur. Les ‘universités’ travaillent souvent via de l’apprentissage à distance : les étudiants reçoivent leur cursus en ligne."

Le ministre Peeters entend donc, via l’Inspection, resserrer les mailles des filets. Au Parlement de la Communauté française, la parlementaire MR Valérie De Bue a soumis une question écrite au ministre Jean-Claude Marcourt sur l’ampleur du phénomène côté francophone. La réponse devrait lui être prochainement fournie.