Belgique

A la veille de 11 juillet, le gouvernement flamand hausse le ton communautaire. Le ministre de l'Intérieur flamand, Marino Keulen, a annoncé l'envoi d' «une version affinée et actualisée des circulaires Peeters et Martens» sur l'emploi des langues dans les communes et les CPAS. En soi, ce n'est pas une surprise. Elle avait été annoncée dans la déclaration gouvernementale-bis d'Yves Leterme après le psychodrame de la non-scission de Bruxelles- Hal-Vilvorde. Dans la foulée, l'on notait la volonté du ministre de faciliter en périphérie l'accès au logement de familles qui peuvent démontrer leurs liens avec la Flandre. Ce projet-là a déjà avancé avec l'octroi de 25 millions d'euros de moyens complémentaires, et le feu passera bientôt au vert après un ultime examen technico-législatif. Quant au décret communal, adopté mercredi dernier, il prévoit l'obligation de la connaissance du néerlandais pour les mandats exécutifs locaux. Restait à revoir les fameuses circulaires Peeters et Martens...

Tout en n'annulant pas les textes précédents, la circulaire Keulen reprend littéralement des passages de l'arrêt du Conseil d'Etat qui, le 23 décembre 2004, avait rejeté les demandes d'annulation émanant des francophones. «La nouvelle circulaire», commente le ministre, «précise aussi que les lettres de convocation pour les élections doivent être rédigées en néerlandais. Il n'est pas question que des bourgmestres y dérogent, sous peine de sanctions...» Le texte, qui sera envoyé mardi aux 308 communes et villes flamandes, confirme que les francophones peuvent obtenir une traduction française de formulaires d'exécution de rôle ou de convocations électorales pour autant qu'ils en fassent chaque fois la demande. Et Keulen d'ajouter que «si des francophones ont souhaité recevoir une demande de permis de bâtir ou une aide du Centre public d'aide sociale, ils pourront également être aidés en français».

Le ministre a aussi annoncé qu'après les vacances, il inviterait les 35 bourgmestres et présidents des CPAS de l'arrondissement de Hal-Vilvorde afin d'expliciter le contenu de la nouvelle circulaire. Dans une première réaction, Christian Van Eyken, bourgmestre FDF de Linkebeek, se demande toujours s'il incombe au pouvoir régional de déterminer la langue des convocations électorales. Il s'étonne aussi de la sollicitude pour les bourgmestres de H-V. «Faudrait-il donner des gages à Leo Peeters, le maïeur de Kapelle ?» a conclu le seul élu francophone du Vlaams parlement...

© La Libre Belgique 2005