Belgique

La commission d’enquête sur les attentats s’est réunie à huis-clos ce lundi pour relire une nouvelle version de son rapport sur la radicalisation, dont l’un des points importants vise à durcir les règles de reconnaissance de tous les cultes, dont l’islam.

« Ce qu’on propose, c’est pour tous les cultes », explique l’un des membres de la commission. Mais c’est bien de l’islam radical dont traitent en priorité les députés dans la foulée des attentats de Bruxelles, contre le Musée juif et celui qui a a échoué dans le Thalys. La transparence administrative des mosquées, le contrôle de la formation des imams, le respect de principes comme l’égalité entre hommes et femmes figurent parmi les critères souhaités pour la reconnaissance des cultes .

Le gouvernement attend les recommandations de la commission pour aller plus loin dans le problème de la reconnaissance des cultes. Les ministres Koen Geens (Justice) et Jan Jambon (Intérieur) doivent aussi faire des recommandations aux services de police et de renseignement, dans une circulaire administrative. Le fédéral n’est pas le seul compétent dans cette matière, loin de là, puisque les régions sont celles qui agréent les mosquées.

La publication du rapport final sur la radicalisation est attendue « vers la mi-octobre », a indiqué récemment son président Patrick Dewael (Open Vld) lors d’une conférence à Liège. Son auteur initial est le criminologue Michael Dantinne.

Ce dernier rapport – le plus difficile à peaufiner tant le sujet est vaste – comprend cinq à six chapitres, qui traitent de sujets comme le rôle du web dans la diffusion du radicalisme, celui de la prison, l’évolution de l’islam radical en Belgique, les liens éventuels avec l’emploi et l’intégration et, plus précisément, la Grande mosquée de Bruxelles.

En mars dernier, l’audition du directeur de la Grande Mosquée s’était déroulée dans une atmosphère tendue, ce dernier refusant d’entrer dans les détails. « Je prends cette audition comme une gifle », avait déclaré, excédé, Patrick Dewael. Le directeur, le saoudien Jamal Saleh Momenah, a depuis été remplacé à la tête du Centre islamique et culturel de Belgique (CICB).