Belgique

Une naissance à signaler dans le paysage de la concertation sociale belge. La CEI, ou Concertation des employeurs interprofessionnels, est la structure que viennent de créer huit organisations patronales : les fédérales FEB et Unisoc (entreprises à profit social), les régionales Beci, UWE et Voka, les entrepreneurs de l’UCM et l’Unizo, ainsi que les agriculteurs de la FWA/Boerenbond. Une structure qui doit répondre à trois objectifs : 1° développer une vision patronale intégrée, dans un contexte de maîtrise des coûts. "Ainsi, la fédération compétente pour une négociation recevra un mandat commun des autres fédérations" , illustre Pierre Alain De Smedt, président de la FEB; 2° assurer une coordination sur base des principes de réciprocité (de l’information) et d’équivalence; 3° favoriser la concertation sociale avec le politique et les syndicats.

Concrètement, la CEI, qui travaillera en étroite collaboration avec les secteurs, sera composée de deux représentants de chaque organisation et d’un coordinateur qui sera désigné par la FEB. Elle se réunira une fois par mois, voire plus si l’actualité le nécessite. Elle pourra se reposer sur un groupe d’experts chargés de préparer les dossiers techniques. Et une fois par an, les hauts responsables des huit membres se réuniront pour évaluer et, le cas échéant, adapter la structure.

"En fait, la CEI formalise des réunions qui existaient déjà de manière informelle" , indique Pieter Timmermans, CEO de la FEB. En mai, les organisations patronales flamandes avaient déjà conclu un accord de ce genre. Désormais, toutes les fédérations d’employeurs du pays sont réunies dans la CEI. "Elle doit aussi permettre d’offrir une communication plus cohérente de nos fédérations" , ajoute Vincent Reuter (UWE). Mais "chaque organisation garde ses caractéristiques, ce n’est pas une opération de fusion" , précise Karel Van Eetvelt (Unizo).

La Belgique ayant changé, et allant encore évoluer à la faveur de la sixième réforme de l’Etat qui prévoit entre autres la régionalisation d’un pan de la politique de l’Emploi, cette structure était devenue nécessaire, juge le patronat. "Le modèle belge de concertation sociale est né au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Depuis lors, six réformes institutionnelles ont été menées. Nous devons nous adapter à ces changements."

Désormais, la FEB suivra plus facilement les négociations menées au niveau régional. Et les organisations régionales, au premier rang desquelles le Voka, très demandeur de cette évolution, aura un œil sur les discussions fédérales. "Mais il ne faut pas voir cela comme une perte d’influence des acteurs fédéraux , assure Pieter Timmermans. Il s’agit au contraire d’un renforcement du banc patronal."