Belgique

La commission Défense de la Chambre a approuvé ce mercredi une résolution demandant au gouvernement de veiller à ce que l’armée belge n’utilise pas de robot- tueurs dans le cadre de ses opérations. Elle souhaite également que la Belgique plaide dans les enceintes internationales en faveur d’une interdiction mondiale de l’utilisation de ces robots et de drones armés totalement automatisés.

Le groupe Ecolo-Groen avait déposé une proposition de résolution en 2016, visant à interdire la recherche, la production, le commerce et l’utilisation des armes totalement autonomes (voir ici). Discutée quatre fois en Commission Défense, ce texte n’a jamais été amendé. La majorité a quant à elle déposé sa propre proposition de résolution la semaine dernière. C’est ce dernier qui a adopté, avec abstention des socialistes et un vote négatif d’Ecolo-Groen. “J’ai voté contre pour marquer le coup et montrer le vrai recul de ce texte adouci, édulcoré, qui rompt avec une tradition de courage de la Belgique en matière de lutte contre certains types d’armes”, explique Benoît Hellings, un brin énervé. “Notre résolution allait beaucoup plus loin que celle de la majorité. Elle ne visait pas seulement une interdiction de l’utilisation de robots-tueurs par la Défense mais aussi par la police et la Sûreté de l’État. La majorité ne s’est concentrée que sur l’armée.”

De son côté, Richard Miller (MR), coauteur du texte de la majorité, rétorque que l'interdiction votée est bel et bien générale. "Je veux être clair : nous voulons bien une interdiction mondiale. L'armée, les forces de police et l'industrie sont concernées. Nous demandons avant tout que les institutions internationales définissent clairement ce qu'est un robot-tueur et que l'armée belge n'en utilisent jamais."

La différence majeure entre les deux textes ? Là où les verts voulaient interdire la recherche et le développement des robots-tueurs, la majorité indique ne pas vouloir court-circuiter les innovations technologiques “en mettant un frein à la recherche et l’innovation”. Richard Miller insiste d'ailleurs sur cette différence, se prononçant en faveur de la recherche civile. Benoît Hellings rappelle quant à lui que les verts n'ont jamais été opposés à la recherche sur l'intelligence artificielle pour autant qu'elle ne serve pas à développer des robots-tueurs.

Pour Benoît Hellings, la majorité n’est pas allée assez loin.C’est comme si la Belgique, dans le dossier des mines anti-personnelles, avait milité pour l’interdiction des mines à l’ONU, tout en continuant à en fabriquer. N’empêche, je suis content que ce sujet soit à l’ordre du jour et qu’on en parle dans l’espace public… Même s’il eut été plus élégant d’amender notre proposition plutôt que de déposer un texte à trou.”

Pourquoi la majorité a-t-elle déposé son propre texte plutôt qu'amender celui d'Ecolo-Groen ? "Nous avons estimé qu'il était préférable de déposer notre texte", déclare-t-il avant de reconnaître que la façon dont se sont déroulées les choses n'étaient peut-être pas des plus élégante. "Je regrette qu'Ecolo ait voté contre le texte. Mais je reconnais que le procédé parlementaire était un peu... Disons, offensif."