Belgique

Le Front national "canal historique"

Cette formation politique-là, animée par Salvatore Nicotra, conseiller communal à Fleurus, est l’héritier direct du FN créé par Daniel Féret en 1985. Sa base légale repose toujours l’ASBL fondée à l’époque. Salvatore Nicotra a cependant été condamné par la cour d’appel de Liège à ne plus utiliser le nom "Front national belge". Ira-t-il quand même aux élections sous ce nom ? C’est toute la question. Selon Manuel Abramowicz, le FN belge réfléchit bien à l’opportunité de déposer des listes à la faveur des élections communales d’octobre sous son appellation d’origine. Il fait valoir que le jugement prononcé par la Cour d’appel de Liège n’a frappé que Salvatore Nicotra en son nom propre et pas l’ASBL - laquelle pourrait dès lors continuer à utiliser le signe FN. Cela promet une belle bagarre. On peut penser que si des listes sont déposées (elles doivent l’être pour le 13-14 septembre), les concurrents directs du FN belge porteront plainte pour abus. Auquel cas il reviendra aux magistrats à se prononcer. Le FN dit canal historique prétend en tout cas déposer des listes dans plusieurs villes wallonnes, autour de Charleroi, à Namur, à Liège et peut-être même aussi à Bruxelles où le FN est mené par le baron Emmanuel Licari di Castel Mola.

Démocratie nationale (DN)

Voilà également un parti qui affiche une évidente filiation avec le FN de Daniel Féret. Démocratie nationale a été fondée en 2011 après que l’ancien député Patrick Cocriamont (qui avait défrayé la chronique en faisant un salut nazi lors de sa prestation de serment au conseil commuinal à Anderlecht en 1994) ait été désaissi de la présidence du FN réunifié par Charles Pire. C’est aujourd’hui un autre ancien du FN, Marco Santi qui dirige le parti. C’est lui aussi qui représente la Belgique au sein de l’Alliance européenne des mouvements nationaux (AEMN) présidée par le député européen du Front national français, Bruno Gollnisch. Ce dernier a d’ailleurs accordé son appui à Démocratie nationale. Ce qui fait dire à ses dirigeants que Démocratie nationale représente le nouveau nom du FN belge. Le parti prépare activement le scrutin d’octobre. Il devrait se présenter dans des communes du Hainaut dont Charleroi et dans la région liégeoise. Il déposera aussi une liste à Woluwe-Saint-Lambert avec à sa tête René Vande Maele. Ce dernier n’est pas un inconnu dans la commune. Il a été conseiller communal à 3 reprises. En 2006, il s’était présenté sur la liste Cap Woluwé emmenée par Danielle Caron, mais qui ne se représente plus en 2012. Démocratie nationale vient par ailleurs d’annoncer un accord électoral avec Solidarité unitaire, une autre dissidence du Front national.

Solidarité unitaire (SU)

Solidatité unitaire a été fondé fin 2011 par trois anciens du FN "réunifié" que dirigeait l’ancien député wallon Charles Pire jusqu’à son décès en janvier 2012. Il est dirigé par Sandrine Latinis, ancien cadre du FN réunifié, par ailleurs à l’initiative de la première manifestation organisée à Malonne pour protester contre la libération conditionnelle annoncée de Michelle Martin. Sandrine Latinis a déjà annoncé son intention de se présenter aux élections communales à Amay. Solidarité unitaire se dit ni de droite ni de gauche. Il réfute donc l’appellation d’extrême-droite.

La Fédération des nationalistes wallons (FN W)

La FNW a été créée en 2008 par Charles Petitjean après que ce dernier ait perdu la course à la présidence du FN. Elle affirme rassembler la majorité des conseillers communaux frontistes sortants mais c’est assez difficile à vérifier. Elle refuse également d’être cataloguée d’extrême droite. Elle n’en exploite pas moins les thèmes récurrents de cette mouvance : laxisme des autorités publiques, insécurité, immigration, etc. La Fédération des nationalistes wallons devrait se présenter à Charleroi, sous la houlette de son secrétaire général Salvatore Russo, à Namur et dans la région liégeoise. L’avocat de Marine Le Pen conteste aussi l’utilisation du signe FNW. Mais il n’y a pas de plainte formelle à ce jour.

Nouvelle Wallonie alternative (NWA)

Cette formation est toute récente. Elle a été créée en avril 2012 après que Marine Le Pen a également retiré au FN réunifié le droit d’utiliser le sigle et le logo du FN. Nouvelle Wallonie alternative est dirigée par Philippe Duquenne, ancien vice-président du FN réunifié et rassemble une majorité des anciens cadres de ce dernier. Le nom a été inspiré, semble-t-il, de la N-VA. Il devrait y avoir plusieurs listes, et peut-être même à Bruxelles.

Nouvelle Alliance Francophone (N-AF)

Alex Quevit a été élu conseiller communal à Saint-Ghislain en 2006. A l’époque, il menait la liste du FN. Il a créé sa propre liste, Nouvelle alliance francophone, qui s’inspire aussi manifestement de la N-VA. La N-AF ne se présentera qu’à Saint-Ghislain.

Nation

Nation est un mouvement qui se dit identitaire et solidariste. " Ils existent depuis 1999, commente Manuel Abramowicz. Ils ne sont pas très nombreux, une vingtaine peut-être. Mais ils sont actifs. Ils sont sans doute les mieux structurés, avec le Front national canal historique et la Fédération des nationalistes wallons." Des candidats de Nation devaient initialement se trouver sur les listes du FN réunifié avec qui un rapprochement avait été scellé. La décision de Marine Le Pen de lui retirer l’usage du logo a changé les plans. Nation devrait dès lors déposer, pour la première fois, des listes dans un nombre limité de communes. Pour autant qu’ils recueillent le nombre exigé de signatures, on les annonce à Charleroi, à Courcelles, à Forest et à Evere.

Wallonie d’abord

Wallonie D’abord est l’une des plus vieille dissidence du Front national belge. Elle a été fondée à l’occasion des élections législatives de 2010 par Francis Dutraux, qui a siégé comme sénateur entre 2003 et 2007. En 2004, il avait claqué la porte du FN pour fonder le parti Force nationale, qu’il a rebaptisé Wallonie d’abord en 2007. Il dit avoir pris ses distances avec l’extrême droite. Son discours est davantage régionaliste et virulemment anti-NVA. Aux législatives de 2010, il avait réalisé un score honorable : avec 2,52 % des voix francophones au Sénat, il faisait davantage qu’un parti comme le RWF ou le PTB. " C’est la scission du FN, et Dieu sait s’il y en a eu, qui paraît la plus solide sur le plan électoral ", commente Manuel Abramowicz.