La ferme, centre de loisir à part entière

PAR PERRINE MARCHAL Publié le - Mis à jour le

Belgique

REPORTAGE

Petite bruine humide comme seules nos Ardennes sont capables d'offrir en plein mois de juillet...

Pour les enfants, le temps qu'il fait n'a que peu d'importance, et encore moins dans un cadre pareil. Dans la cour de la magnifique ferme fortifiée datant du XVIIe siècle, parsemée d'animaux de toutes sortes, il règne un brouhaha constant d'enfants excités et heureux. Non seulement le cadre est magnifique, mais en plus il est entièrement aménagé et prévu pour accueillir les enfants moins-valides. Et c'est tous ensemble, valides et moins-valides, qu'ils s'affairent à leurs tâches quotidiennes.

La ferme du Monceau à Juseret accueille un «séjour de vacances» de Jeunesse et Santé, une organisation des mutualités chrétiennes. Ces séjours, ainsi que les plaines de vacances, viennent d'être reconnus par un décret du ministre de l'Enfance. Ce décret permet à Jeunesse & Santé d'être reconnu officiellement en tant qu'organisation de qualité par la formation qu'elle exige de ses animateurs, et d'être revalorisé à la hauteur de ses besoins: le montant des subsides a augmenté et tient compte du nombre de participants handicapés.

Première tâche de la journée: la traite des vaches, et à la main s'il vous plaît. Il faut les voir se pousser pour être le prochain à traire la grosse Justine. Chacun son tour: la voiturette de Régis aussi arrive jusqu'au pis de la vache. Les enfants traient directement dans des gobelets en plastiques, qui à peine remplis, sont avalés en deux gorgées. «Ici ça va tout droit du producteur au consommateur!» explique Claire, la propriétaire de la ferme.

Etape suivante: nourrir la truie. «Elle est super chatouilleuse» raconte un petit garçon. Une flopée de petits cochonnets s'entassent dans un coin et les enfants les prennent et se les passent, pour les caresser. A la ferme du Monceau, il y a aussi des canards et une ribambelle de canetons, deux chiens, un âne, un grand cheval de trait, une chèvre et de nombreux poneys. Des activités d'équitation ainsi que d'hippothérapie, de promenade et d'attelage sont proposées aux enfants.

Même les plus petits apprennent à faire du pain: depuis la coupe du blé dans les champs, en passant par la fabrication de la farine, ils pétrissent la pâte avant de cuire le pain, et de le manger le lendemain au petit-déjeuner.

Les fermes d'animations veulent ainsi permettre aux enfants de renouer avec la nature. Traire les vaches, nourrir les animaux, battre les céréales, planter les choux, cadrer la laine, c'est découvrir la façon de vivre d'autrefois et leur apprendre l'origine des produits qu'ils consomment. Les enfants vont eux-mêmes chercher des légumes au potager pour faire la soupe, servie tous les jours comme collation à 10h30.

«Les premiers jours on devait insister pour que les enfants se mélangent et qu'il y ait deux moins-valides par table. Mais maintenant c'est plus la peine, ils se mélangent tout seuls et forment un vrai groupe homogène.» raconte Gaëtan, l'animateur responsable de Jeunesse & Santé. Le séjour à la ferme est animé conjointement par l'équipe de la ferme (l'asbl «la boîte à couleurs») et les jeunes animateurs de Jeunesse & Santé, spécialement formés à cet effet. L'intégration des personnes handicapées et l'apprentissage de la différence sont des choix importants pour les responsables du camp. Ce type de séjour permet en effet aux enfants valides de découvrir les différences et d'apprendre la tolérance, pour pouvoir devenir des artisans d'une plus grande intégration dans la société.

Le décret centres de vacances est très positif pour Jeunesse & Santé: l'importance et l'utilité sociale des camps sont enfin reconnues par les pouvoirs publics. Mais, les organisateurs doivent encore faire face à de nombreuses difficultés. Ils déplorent par exemple le peu d'infrastructures de loisirs, tels que la ferme du Monceau, capables d'accueillir les moins-valides, alors que la demande de la part de ces enfants est énorme. De plus, certains enfants nécessitent des soins particuliers et il leur est très difficile de trouver un encadrement médical bénévole.

Jeunesse & Santé, secrétariat national 02/246 49 81

© La Libre Belgique 2001

PAR PERRINE MARCHAL

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