Belgique

Par «pièges à l'emploi», on désigne ces situations où l'écart proposé entre le salaire et le revenu de remplacement (allocation de chômage) n'est pas suffisant pour inciter à travailler. Selon différentes sources, l'écart nécessaire entre les revenus du travail et du chômage pour que le premier soit attractif varie entre 15 et 25 pc. Pour éviter ces pièges, le gouvernement a instauré des «bonus à l'emploi» (réductions de cotisations des salaires les plus bas) et bloqué l'évolution des allocations de chômage hors index.

Le concept n'est pas neutre. Il peut laisser à penser que les chômeurs gagnent trop ou qu'ils se complaisent dans le chômage. La FGTB wallonne ne l'entend pas de cette oreille. En conclusion d'un dossier de 66 pages, truffé de tableaux, que l'on doit à sa commission des travailleurs sans emploi et au Celag (centre d'éducation populaire), le syndicat préfère dénoncer les pièges au salaire correct, à l'emploi convenable ou au chômage...

D'abord, quant aux aspects financiers. On ne peut parler de piège à l'emploi qu'en comparant les allocations maximales et les bas salaires. Or, tous les chômeurs ne touchent pas d'allocation maximale, loin de là; et ceux qui sont dans le cas ont nécessairement reçu un bon salaire. Ceux-ci devraient-ils accepter un emploi sous-rémunéré? Les «piégés» potentiels sont donc en nombre limité, assure l'étude, qui veut démontrer aussi que le bonus à l'emploi inscrit davantage la précarité dans le salariat, de même que l'usage que fait l'intérim des titres-services.

Ensuite, on n'évoque jamais que des «pièges» financiers. Or, il en est bien d'autres, poursuit l'étude: le manque d'emplois, les conditions de recrutement, les exigences et les discriminations à l'embauche, le manque d'attractivité et les conditions de travail défavorables, les formations qui n'aboutissent pas à l'emploi, le manque de crèches...

Dès lors, prolongeait mercredi son secrétaire général, Jean-Claude Vandermeeren, la FGTB wallonne réclame tout autant la liaison des allocations de chômage au bien-être qu'un véritable relèvement du salaire minimum brut. Avant de dénoncer les discours «culpabilisant» les chômeurs, tels ceux de Rik Daems et Bart Somers (VLD) qui lui paraissent bien plus «inquiétants» que la «musculation communautaire» d'un Leterme. Les deux libéraux ont réagi dès hier soir, pour regretter «l'attitude très défensive» de la FGTB...

© La Libre Belgique 2006