La fuite en avant du pédophile

J. La. Publié le - Mis à jour le

Belgique

C’est un de ces pédophiles récidivistes qui passent les frontières, pour chercher un environnement moins surveillé ou pour se soustraire à la justice. Aujourd’hui, le parcours de Jozef Achtergael, un psychologue de formation âgé de 61 ans, semble bel et bien bouclé. Les autorités maltaises, où il avait été localisé, l’ont livré hier à la Belgique.

Jozef Achtergael a un lourd passé. Il a sévi en Flandre-Orientale à la fin des années 80. Il a entraîné, pendant huit ans, les équipes de jeunes d’un club de football. Il s’en est pris à des garçons, ce qui lui a valu, en 1995, une condamnation à sept ans de prison pour avoir abusé de cinq garçons. Il pourrait y avoir fait d’autres victimes. Quatre ans plus tard, il est libéré, sous la condition de suivre une thérapie et de ne plus fréquenter des enfants.

Achtergael a suivi une autre voie. Il a quitté en 2000 la Belgique pour des cieux plus cléments. Destination l’Inde, où il devient collaborateur d’un centre de formation pour jeunes footballeurs. Il travaille avec une organisation locale qui a une maison d’accueil pour les enfants des rues.

Mais sa réputation l’a suivi. Une de ses victimes en Flandre-Orientale, un homme aujourd’hui âgé de 35 ans, a retrouvé sa trace via Internet. Il prend contact avec des médias indiens, leur indiquant le passé d’Achtergael. Interrogé par la presse indienne, ce dernier raconte qu’il "aimait les enfants comme d’autres aimaient les femmes " Mais qu’il ne s’en est pas pris à des enfants.

Les autorités indiennes l’expulsent. Jozef Achtergael revient en Belgique, dans le Brabant flamand. Et les preuves contre lui tombent du ciel. En juillet 2009, alors qu’il se rend dans son agence bancaire, pour y consulter le contenu de son coffre, il perd une enveloppe qui contient des photos d’abus d’enfants en Inde. Des vidéos compromettantes sont découvertes.

En octobre 2010, le tribunal correctionnel de Louvain le condamne pour détention de matériel pédophile. Lors du prononcé, il est à Madagascar. Son avocat fait appel. La cour d’appel de Bruxelles le condamne, en mars dernier, par défaut, à 3 ans de prison et à 10 ans de mise à disposition du gouvernement. Il revient brièvement en Belgique en avril, le temps de vendre sa maison à Heverlee et de placer son argent sur un compte qu’il peut gérer de l’étranger. Il s’arrange pour pouvoir toucher sa pension. Il échappe de justesse à la police.

Celle-ci retrouve sa trace à Malte, via son téléphone portable. Il est arrêté le 9 août sur l’île de Gozo et fait un malaise cardiaque lors de son interpellation. Sans gravité. Il a été extradé vers la Belgique pour y purger sa peine.

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