Belgique

La trêve de Noël est mal partie au sein de l'orange bleue sanguine. Vendredi, au cabinet de la Défense, rue Lambermont, l'ancien et le nouveau ministres des armées avaient fait risette pour les caméras et s'étaient engagés à agir en parfait "gentlemen" après une législature pour le moins tendue. La promesse a fait long feu : samedi, dans le "Standaard", Pieter De Crem a plaidé pour l'introduction d'un service militaire volontaire "afin de faire mieux connaître l'armée à la population, ce qui représente à terme une base de recrutement". Le "hic" est que le nouveau ministre l'a présenté comme une nouveauté alors que l'idée d'un service volontaire sous les drapeaux noir jaune rouge a déjà fait l'objet du vote d'un projet sous la précédente législature. "Nous avons fait adopter un projet de service d'utilité collective qui pourrait être appliqué très vite lorsque nous aurons obtenu un dernier avis manquant venant en l'occurrence de l'Inspection des finances" commente l'ex-ministre Flahaut.

"De manière conne"...

Ce dernier confirme aussi son propos très dur à l'égard de son successeur : "Quand on parle sans réfléchir, on agit de manière conne. Ou bien, il n'a pas bien suivi les projets de ces dernières années, ou bien il fait de l'esbroufe et dans les deux cas c'est inacceptable. Et je ne retire rien de ce que j'ai dit...".

Et André Flahaut d'ajouter qu'il n'est jamais aussi choqué que "lorsqu'on ne veut pas rendre à César ce qui lui appartient"...

De son côté, Pieter De Crem s'est efforcé de ne pas en rajouter. Ne s'estimant pas insulté, le nouveau "patron" de la Défense met plutôt le coup de sang d'André Flahaut sur "la frustration du député nivellois de ne plus avoir été retenu comme ministre fédéral". Mais, "in cauda venenum", pour le ministre De Crem "cette réaction en dit beaucoup sur la manière dont le département de la Défense a été géré au cours de ces deux dernières législatures".

Deux remarques extérieures autour de cette polémique :

1. Samedi, deux syndicats militaires ont réagi aux propos de De Crem. Pour la Centrale générale du personnel militaire, "il doit s'agir d'un vrai service militaire. Ce service volontaire permettrait à des jeunes de se voir offrir éventuellement une carrière à l'armée et au cadre existant de pratiquer plus d'entraînements". Le Syndicat libre de la fonction publique était aussi d'avis qu'un service volontaire permettrait de promouvoir le recrutement.

2. Le sujet est âprement convoité : lorsque André Flahaut avait tiré la couverture à lui, l'hiver dernier, Armand De Decker a rappelé qu'en 2003 déjà, il en avait fait adopter le principe. Jamais deux sans trois ?