Belgique

Un passage du Vlaams Blok au CD&V...

Ignace Lowie, conseiller provincial du Vlaams Blok à Anvers, a décidé de quitter le parti d'extrême droite pour rejoindre le CD&V. C'est une première. Âgé de 44 ans, cet ancien parlementaire fédéral avait quitté le Blok voici quelques mois, fatigué par ses `propositions simplistes´. Depuis, il siégeait comme indépendant sans renier ses `valeurs´ : jusqu'il y a six mois, il était encore rédacteur en chef de `Révolte´, une publication du mouvement extrémiste Voorpost. Il a finalement trouvé un nouveau toit chez les chrétiens-démocrates. `Lowie n'est plus un Blokker et il a pris ses distances avec ce parti´, justifie Achiel Luyten, chef de groupe CD&V au conseil provincial. Karel De Gucht, président du VLD, dénonce quant à lui cette attitude du CD&V. `Il ne s'agit pas d'un vague militant mais bien d'un mandataire actif et convaincu´, dit-il. À ses yeux, cette adhésion n'est motivée que par des considérations politiciennes au détriment des principes de base de la démocratie. Et de préciser que le VLD n'ouvrira jamais sa porte à d'anciens élus du Vlaams Blok. Réplique de Stefaan De Clerck, dimanche sur VTM: `Si nous pouvons ainsi reconquérir des électeurs du Vlaams Blok, nous nous devons de le faire.´ Voilà un débat qui risque incontestablement de rebondir. Ce précédent fait singulièrement penser à certaines déclarations de Johan Leman, président du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme. En incitant les partis démocratiques à courtiser les élus du Blok pour autant qu'ils renoncent à leurs idées extrémistes, l'homme avait fait jaser.

... et un ancien du VLD pour appuyer le Blok

Pendant ce temps, un ancien échevin VLD anversois,

André Gantman, tenait des propos pour le moins malencontreux. `Le Blok est le seul parti qui défend la communauté juive´, lance ce... Juif libéral. Cette déclaration se veut une mise en garde, précise-t-il. L'extrême droite recueille en effet de plus en plus de sympathie au sein de cette importante communauté anversoise, notamment parce qu'elle dénonce les manifestations pro-palestiniennes. Et il convient d'être vigilant, dit-il. Voilà une autre preuve de l'impact que peut avoir le conflit au Proche-Orient sur des débats sensibles dans notre pays. Le sieur Gantman rejoint par ailleurs le bataillon de plus en plus

conséquent de ceux qui critiquent ouvertement le cordon sanitaire tenant le Vlaams Blok à l'écart du pouvoir. `Une coalition avec le Blok tel qu'il est aujourd'hui, c'est exclu´, nuance-t-il. `Mais s'il abandonne ses principes racistes, ce ne serait plus vraiment le Blok.´ Ludo Van Campenhout, président du VLD anversois, a regretté ces propos jugés `peu opportuns´. Eli Ringer, président du Forum des organisations juives d'Anvers, s'est dit pour sa part `profondément choqué´. Dans la métropole, le climat devient peu à peu délétère.

Vivant veut rester vivant

Pour le petit parti Vivant, les formations politiques

qui voteront la nouvelle réglementation électorale, dont la majorité arc-en-ciel a accouché la semaine dernière, sont `anti-démocratiques´. Rien que ça. Le contenu de la proposition sur la table implique en effet la disparition annoncée des petits partis ou des nouvelles formations via un seuil de 5 pc. Vivant pourrait ainsi passer de vie à trépas. Ce parti, qui avait réuni 131.000 voix (2,1 pc) au dernier scrutin, n'avait déjà obtenu aucun siège lors des élections législatives de juin 1999.

© La Libre Belgique 2002