Belgique

A la gauche du SP.A

FIN OCTOBRE, LA FLANDRE AURA SANS DOUTE UN NOUVEAU PARTI. Le 28 octobre, le Comité pour une autre politique organisera une journée d'études qui verra l'émergence, si pas d'un parti, en tout cas d'un mouvement politique dont l'objectif sera de participer aux prochaines élections législatives en 2007. Situé à la gauche de la gauche, ce parti est porté par Jef Sleeckx (69 ans) qui fut député socialiste flamand pendant de longues années. Il espère obtenir l'appui d'autres personnalités de gauche, en particulier issues des milieux syndicaux. L'ancien président de la FGTB, Georges Debunne, est son partenaire de même que l'ancien parlementaire européen SP.A, Lode Van Outrive. Son ambition est de coaliser les petits partis, trotskistes et communistes afin de constituer un parti qui défendrait vraiment, dit-il, les ouvriers et leurs familles. Jef Sleeckx considère que les plus démunis ne sont plus correctement défendus par les partis socialistes actuels. Son combat est né d'une farouche opposition au pacte des générations, approuvé par le gouvernement l'an dernier, malgré l'opposition syndicale de la FGTB. Sleeckx estime que la plupart des partis ont perdu leur âme et leur crédibilité, notamment à cause du carriérisme des parlementaires. Son objectif, a-t-il confié au «Standaard», «serait de prendre quelque pour-cent au Vlaams Belang car plus personne, dit-il, n'ose l'affronter. Beaucoup de travailleurs et de chômeurs se sentent délaissées et votent pour le VB à cause du problème des immigrés. Le SP.A n'ose pas prendre ces problèmes à bras le corps: ses candidats cumulent plusieurs jobs et habitent dans des châteaux...» Les socialistes flamands ne voient pas l'initiative d'un très bon oeil. Car plutôt que de prendre des voix au Vlaams Belang, ce nouveau parti de gauche risque bien de prendre des électeurs au SP.A.

Plus libre comme bourgmestre que comme Premier ministre

C'EST LE SENTIMENT D'UN CERTAIN JEAN-LUC DEHAENE. L'insubmersible mayeur de Vilvoorde a ainsi expliqué au «Morgen» qu'aujourd'hui il se sentait tout à fait libre de demander aux Etats-Unis d'arrêter de stocker des armes nucléaires sur le territoire belge. Une telle revendication, estime encore l'ex-multi-Premier ministre, qu'il n'aurait jamais pu formuler du temps où il occupait le 16, rue de la Loi. Qui peut le plus, peut le moins. En quelque sorte.

© La Libre Belgique 2006