La lettre de Jean-Denis Lejeune à Michelle Martin

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Jean-Denis Lejeune, le papa de Julie, a adressé une lettre manuscrite à Michelle Martin, l'ex-femme de Marc Dutroux qui a quitté mardi soir la prison de Berkendael pour rejoindre le monastère des Clarisses à Malonne.

Dans sa missive, publiée in extenso mercredi par nos confrères de Paris Match, Jean-Denis Lejeune interroge Michelle Martin sur les circonstances qui ont conduit au décès de sa fille, la pressant de répondre aux questions en évoquant une souffrance "qui enchaîne pour l'éternité, qui vous use comme un cancer, qui vous tue à petit feu, qui vous amène à désespérer, à ne plus croire en rien".

Dans sa missive, le père de Julie explique qu'il a refusé de participer à une tentative de médiation demandée par Michelle Martin. Il évoque son refus d'entendre une demande de pardon et sa volonté de ne pas offrir la démonstration d'un père meurtri. Tout au long de la lettre, il réclame des explications sur la nature humaine de celle qui a joué un rôle dans l'enlèvement des enfants. Il veut savoir comment, pourquoi elles ont été enlevées et ce qu'il s'est passé tout au long de leur séquestration.

Il s'interroge aussi sur l'absence de réaction de Michelle Martin alors que les petites étaient enfermées dans la cave et que Marc Dutroux était en prison. "Quoi qu'il arrive, sachez que vous n'aurez jamais mon pardon car vous êtes directement responsable du pire", écrit-il encore.

Michelle Martin répondra à Jean-Denis Lejeune dans la discrétion

Michelle Martin, l'ex-épouse de Marc Dutroux libérée mardi soir sous conditions, répondra à la lettre que lui a adressée Jean-Denis Lejeune, mais dans la discrétion, a indiqué mercredi son avocat.

"Mme Martin a déjà eu des paroles, mais peut-être n'était-ce pas audible à ce moment-là. Elle a fait au moins deux fois une proposition de médiation pour répondre aux questions (des parents) et aussi évidemment leur dire pardon, mais elle sait aussi que les parents ne peuvent pas lui pardonner", a commenté Me Thierry Moreau, sur les ondes de La Première (RTBF).

Ce pardon, "c'est éventuellement quelque chose que les victimes peuvent lui donner, mais cela ne pourra se faire qu'au terme d'un parcours ensemble et dans la discrétion, toutes les expériences victimes-auteurs le montrent".

Me Moreau s'est dit par ailleurs impressionné et attristé par la violence des personnes qui ont attendu à Malonne l'arrivée de sa cliente. "Cette réponse violente ne peut conduire qu'à l'escalade, mais j'ai confiance dans les autorités pour assurer la sécurité. Je peux entendre que l'on reproche à Mme Martin les comportements qu'elle a eus, mais on ne peut pas au nom du droit et du bien devenir violents, même à l'égard de celui qui a commis des crimes".

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