Belgique

Le fonds souverain libyen LIA ("Libyan Investment Authority") a admis avoir reçu jusque fin octobre 2017 les intérêts des fonds libyens gelés en Belgique en vertu de sanctions imposées par le Conseil de sécurité de l'ONU à l'encontre du régime du dirigeant Mouammar Kadhafi, mais sans savoir où cet argent est allé, a rapporté lundi la chaîne al-Arabiya.

Cette déclaration fait suite à la reconnaissance par la Belgique du fait que la banque Euroclear Bank a bien transféré les intérêts provenant de comptes libyens bloqués dans quatre banques belges vers des comptes bancaires au Luxembourg, au Bahreïn et en Grande-Bretagne.

Selon la LIA, les comptes sur lesquels ces intérêts ont été versés sont "des comptes bénéficiant d'une autorité spéciale à l'étranger" pour le compte de la LIA et de la Libyan Arab Foreign Investment Company (LAFICo). Le transfert s'est opéré en vertu de l'interprétation par certains pays, dont la Belgique, d'une levée du gel sur les intérêts et les dividendes imposé en 2011 par les sanctions onusiennes, ajoute la chaîne.

La LIA n'a toutefois, selon al-Arabiya, fourni aucune information sur la destination finale de cet argent provenant d'Euroclear, assurant qu'elle allait lancer une enquête à ce propos et qu'elle informerait les Nations unies et les autorités compétentes des résultats.

Le fonds souverain libyen avait jusqu'à présent récusé les informations faisant état de transfert des intérêts provenant des fonds gelés, parlant de "simples allégations" et assuré qu'il n'y avait" pas de preuve que cet argent avait servi à financer des groupes armés".

La Libye est, depuis la chute de la dictature de Mouammar Kadhafi en octobre 2011, un pays morcelé où des autorités rivales se disputent le pouvoir.