Belgique

Dans un communiqué, la Ligue estime qu'une loi interdisant de manière généralisée le voile intégral est de validité juridique douteuse et ne répond pas de manière satisfaisante aux problèmes autrement plus complexes que sont la protection des femmes, le « vivre ensemble » et à l'intégration des signes religieux dans l'espace publics.

Rappelant que le nombre limité de femmes portant la burqa en Belgique, la Ligue admet qu'obliger les femmes à porter la burqa est condamnable où que ce soit, mais le leur interdire chez nous est une erreur, rappelant ainsi la position défendue sur le sujet par le commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg.

Un bilan belge "plus que mitigé"

Il faut "relativiser très sérieusement le bon bilan belge qui, en définitive, est plus que mitigé", ont indiqué Benoit Van der Meerschen, Président de la Ligue des droits de l'Homme, et Benoit Van Keirsbilck, Président de Défense des enfants, dans un communiqué diffusé conjointement vendredi. Les deux présidents reviennent sur l'exercice auquel s'est attelé, lundi, la Belgique lors de la présentation de son rapport devant l'Onu à Genève Les deux présidents ont remis en question le mécanisme et le fonctionnement de l'examen périodique universel (EPU), le nouveau système de contrôle du respect des droits de l'Homme organisé par l'Onu.

Selon les deux présidents, ce sont les Etats (et pas un comité d'experts indépendants) qui s'évaluent entre eux. Trois d'entre eux rédigent les recommandations pour un pays. Or, il est très difficile pour un Etat de critiquer sérieusement un Etat qui le contrôlera à son tour.

Pour la Ligue des droits de l'Homme, "certains éléments auraient dû être plus approfondis au cours de l'EPU, comme la situation dans les prisons, la non-gestion des flux migratoires ou les législations adoptées dans le cadre de la lutte contre le terrorisme."

A cette occasion, le Conseil des droits de l'Homme de l'Onu a recommandé à la Belgique de communiquer, en septembre prochain, sa réponse relative à la ratification de la Convention-cadre du Conseil de l'Europe sur la protection des minorités nationales. "Nous serons particulièrement attentifs aux recommandations, à leur suivi et aux engagements que prendra la Belgique vis-à-vis de ses pairs", ont insisté les deux présidents.