Belgique C’est le cri d’alarme lancé par le directeur de la police aux décideurs politiques.

La mafia de la drogue régnerait en maître dans le port d’Anvers, qui accueille de nombreuses livraisons de cocaïne venant d’Amérique du Sud, et elle infiltrerait police, douanes et entreprises.

C’est ce qui ressort d’un rapport du directeur judiciaire de la police d’Anvers, Stanny De Vlieger. Rapport présenté, jeudi soir, à l’hôtel de ville, en présence de représentants du parquet et de la police locale, mais aussi du secteur portuaire et de quelques "pointures" politiques comme les ministres de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA), de la Justice Koen Geens (CD&V), et des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA). Le bourgmestre de la Métropole, Bart De Wever (N-VA), était lui aussi de la partie. C’est dire si la question est brûlante.

Près de 30 tonnes en 2016

M. De Vlieger a cité des chiffres édifiants : les douanes ont saisi, en 2013, 4,7 tonnes de cocaïne dans l’enceinte du port. En 2016, on était passé à 29,7 tonnes. Cette année, on atteint déjà les 13 tonnes alors que 19 tonnes destinées à être embarquées pour le port belge ont été interceptées au Brésil, en Colombie et en Equateur.

D’après la police fédérale, sont à l’œuvre à Anvers la mafia colombienne et des bandes de trafiquants néerlandais; mais de jeunes Marocains leur disputent désormais des "parts de marché".

Apparemment, la drogue passe par le port d’Anvers car les contrôles y seraient moins drastiques que dans des zones portuaires d’autres pays.

Les enjeux financiers du trafic sont tels que la violence est quotidienne. Intimidations, fusillades, incendies volontaires et éliminations ne sont pas rares.

Où sont contrôles et effectifs ?

Selon M. De Vlieger, de nombreux trafiquants recycleraient l’argent de la drogue dans l’économie légale et infiltreraient différents secteurs, proches de la police, de la justice, du monde économique et de la politique.

La police fédérale demande que les contrôles soient renforcés mais aussi que les dockers travaillant dans le port soient screenés. Ils seraient, comme le disait déjà un rapport américain de 2011, de plus en plus nombreux à être enrôlés par les trafiquants. La police exige aussi que ses services et les douanes disposent de moyens humains et techniques supplémentaires et que l’on revoie l’organisation du travail au sein du port.