Belgique

Le MR et le cdH ont refusé de jouer la carte de la démagogie, et ont tenu à manifester que la majorité tripartite restait soudée : c'est le message qu'ont répété samedi à l'Hôtel de Ville de Charleroi le premier échevin MR Olivier Chastel et l'échevin des Finances cdH Jean-Jacques Viseur, entourant le bourgmestre Casaert pour faire avec lui le point sur la démission de l'échevin PS Jean-Pol Demacq.

Inculpé vendredi de faux et usage de faux par fonctionnaire public par la juge d'instruction Baeckeland, Jean-Pol Demacq a remis samedi sa lettre de démission à Léon Casaert, qui l'a remercié du travail accompli. Il a rappelé que l'intéressé s'était inscrit, depuis la mise en place de la tripartite, dans le droit fil de la nouvelle manière de travailler. Dans sa lettre de démission, Jean-Pol Demacq affirme "sur son honneur" n'avoir nui à personne.

Olivier Chastel, en saluant le geste de l'échevin démissionnaire, a expliqué que, de commun accord avec l'échevin Viseur, il avait été décidé de ne pas profiter du climat actuel et de la proximité des élections "pour prendre la ville en otage". Evoquant le remplacement de Jean-Pol Demacq, Olivier Chastel a dit qu'il "serait particulièrement attentif au choix du PS", tenant compte de la nécessaire qualité du collège communal, et de la répartition des responsabilités en son sein.

Il a expliqué qu'il ne s'était pas agi en la circonstance de jouer l'intérêt électoral, mais bien de se préoccuper du bien commun de Charleroi : "Il n'aurait servi à rien de faire exploser la majorité", a souligné le premier échevin libéral.

Jean-Jacques Viseur a souligné la dignité du geste posé par Jean-Pol Demacq et a dit à son tour que la majorité restait "soudée dans l'adversité, refusant de céder aux tentations de la démagogie". Il a insisté sur le fait qu'il n'y avait aucune différence d'approche entre les trois partis de la majorité, contrairement à ce que disent "ceux qui veulent affoler ou diviser". Dans les faits, et même si la lettre de démission a été remise, Jean-Pol Demacq reste en place et exerce pleinement ses fonctions jusqu'au 25 juin, date à laquelle il prendra la parole devant le conseil communal, qui actera officiellement cette démission. On devrait alors pourvoir à son remplacement par un autre élu socialiste, puisque cette démission n'entraînera pas de nouvelle répartition de la donne politique entre PS, MR et cdH.