Belgique

Dans le cadre de la marche des musulmans contre le terrorisme, une soixantaine d'imams se sont arrêtés lundi à 11h00, sur les marches de la Bourse à Bruxelles, devant un public tout aussi nombreux selon la police.

L'initiative a pour but de condamner les attentats commis au nom de l'islam. Une homme a perturbé l'événement. Il a été maîtrisé et écarté, mais pas arrêté, selon Ilse Van de Keere, porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles. Des discours ont été prononcés sur les marches. L'imam Hassen Chalghoumi, président de la Conférence des Imams de France et co-organisateur de la marche, a remercié le ministre de l'Intérieur Jan Jambon pour sa présence et son soutien. Il a affirmé que les terroristes "ont sali l'islam et les musulmans". Les imams ont rappelé que, selon l'islam, celui qui tue un homme innocent, tue l'humanité toute entière. Alors que le rabbin Avi Tawil, directeur de l'European Jewish Community Centre, partageait son rêve de voir un jour dans les rues tout le monde en accord par-delà les religions ou les tenues vestimentaires, un homme l'a violemment qualifié de menteur à plusieurs reprises avant d'être mis au sol et écarté par des policiers.

"Il ne faut pas faire d'amalgame", a déclaré Jan Jambon. "Prendre uniquement des mesures de sécurité ne suffit pas si nous voulons éradiquer l'extrémisme violent jusqu'à la racine. Il faudra renforcer le tissu social. Nous devons guérir et promouvoir notre modèle de société et dire à nos jeunes: 'notre société offre d'innombrables opportunités. Saisissez-les. Nous vous aiderons dans cette démarche'".

La marche vient d'Allemagne et se rendra demain en France. "Réunir les villes meurtries par le terrorisme est un acte fort" a souligné l'échevin bruxellois des Cultes, Alain Courtois. "Bruxelles a payé un lourd tribu à la haine." L'écrivain juif français Marek Halter, co-organisateur, espère, qu'avec cette marche, "les gens vont se dire: 'au fond, ils sont comme nous'. C'est cela qu'on veut montrer. Nous sommes tous faits à son image. C'est écrit dans les trois religions monothéistes. Il est temps qu'on le dise très fort".

De nombreuses personnes de religion musulmane ont fait le déplacement. "Ce sont des assassins qui ont pris la religion comme outil pour faire le mal", a déclaré une femme d'une soixantaine d'années.