Belgique

En Wallonie comme ailleurs, les agriculteurs s'inquiètent des dérèglements climatiques. La recherche agricole est mise à contribution comme piste de solution. Les indemnisations pour calamités devraient se multiplier. Les assureurs pourraient décider de réduire leur offre aux agriculteurs.

Les sols sont secs; les plantes ont soif. Le grain pourrait ne pas être assez nourri et je constate, à certains endroits, de mauvaises levées des betteraves et des chicorées sucrières. S’il pleut en suffisance, cela pourrait toutefois être rattrapable." Marianne Streel, agricultrice dans le Namurois, endure comme tant d’autres cultivateurs wallons la sécheresse qui frappe le pays depuis onze mois.

Nous l’avions rencontrée il y a près d’un an, alors que la météo était à l’inverse de ce que nous connaissons maintenant : de la pluie, de la pluie et encore de la pluie en juin, assortie, pour couronner le tout, d’averses de grêle. "En 25 ans de métier, c’était mon rendement le plus bas. Les cultures ont été attaquées par les maladies et les insectes ravageurs. Et la qualité n’y était pas, sans compter que les prix étaient faibles", dit Marianne Streel.

Coupables et victimes

Les tuiles météorologiques s’enchaînent donc. L’agricultrice reste philosophe : "Nous travaillons avec du vivant et on doit faire avec." Réaliste aussi : "On subit les changements climatiques. C’est un stress qui s’ajoute à d’autres. Les agriculteurs en sont en partie responsables (en Wallonie, le secteur émet 11,2 % des gaz à effet de serre, NdlR). Dans nos exploitations, nous essayons d’aller vers plus de durabilité grâce aux nouvelles technologies, à la gestion de l’azote, à la production d’énergie verte ou l’utilisation de la juste dose de pesticides. Mais nous avons besoin que la recherche publique nous aide avec une sélection d’espèces plus résistantes, plus adaptées."

A la Fédération wallonne de l’agriculture (FWA), le plus important syndicat agricole du Sud du pays, on étudie le phénomène des changements climatiques, son impact sur l’agriculture et on cherche des solutions.