Belgique

Le Pacte pour un enseignement d’excellence ne va pas bien. La réforme vole même de difficultés en désillusions.


En décembre dernier, après de longs mois de discussions, le groupe central qui chapeaute le Pacte avait rendu son troisième et dernier avis définissant les grandes lignes de l'exercice. A charge, depuis lors, aux membres de ce groupe central (les syndicats, les reseaux, les associations de parents) de redescendre auprès de leurs membres, et de soumettre ces lignes directrices à leur approbation.

Du oui au non


Il y a deux semaines, l'enseignement catholique faisait émerger un "oui mais" à la poursuite du Pacte. Mais on sait que ce "oui mais", particulièrement auprès de nombreux directeurs, prenait surtout l'allure d'un "non mais".


Ce "non mais", c'est finalement la CGSP Enseignement qui l'a envoyé à la ministre ce vendredi soir. "Et cela aurait pu être un non non" tient a insister Joseph Thonon, président du syndicat.


"Tout n'est pas a jeter dans le Pacte, loin de là, mais on acceptera de poursuivre les négociations uniquement si de nombreux points d'attentions sont pris en compte", explique-t-il.


Et ces points sont delicats. Les affiliés CGSP veulent plus de certitudes concernant le risque de pertes d'emplois suite à l'introduction du tronc commun jusque 15 ans, suite à la réforme du qualifiant, de l'enseignement spécialisé ou des PMS. Ils veulent plus de promesses concrètes quant à la réduction du nombre d'élèves par classe, quant à l'autonomie des établissements, ou quant a l'allongement de la formation des enseignants (réforme coûteuse actuellement entre les mains du ministre socialiste de l'Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt).


Ces points sont d'autant plus delicats qu'ils sont partagés dans les autres instances qui rendront leurs réponses à la ministre ces quinze prochains jours, et qu'ils se mêlent à d'autres craintes liées à la réforme du contenu des cours qui ne sera clarifiée que fin février.
Bref, si c'est la voix d'un syndicat qui s'est faite entendre ce vendredi, elle se mêle à de nombreuses autres qui s'expriment avec passion ou circonspection dans les salles de classe ou sur les réseaux sociaux. La réforme voulue par le Pacte est en effet tellement complexe et vaste, que chaque point des 300 pages de l'avis numéro 3 peut être l'occasion de polémiques.

La prudence de la ministre

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