Belgique

Elle a beau s’appeler la Mort Subite, c’est une… résurrection pour la célèbre gueuze- lambic bruxelloise. Ou périphérique, voire même de la communauté métropolitaine en gestation car elle est devenue kobbegemoise, brassée dans le Payottenland chez De Keersmaeker dont un des patrons, Paul, fut parlementaire du CVP. Après un crochet chez Alken-Maes, où elle devait être l’alternative à la Belle Vue des Vandenstock reprise par Inbev, elle a rejoint en 2008 Heineken. Chez ce géant d’outre-Moerdijk, l’heure est toujours à la très passe-partout blonde Heineken présente sur des marchés exotiques, mais moins appréciée dans nos contrées… On s’y est cependant dit qu’il fallait l’encadrer de bières plus typées, de caractère, répondant aux aspirations de consommateurs en quête d’autres goûts, d’autres saveurs…

Cela a amené le mégabrasseur amstellodamois à élever la Mort Subite au rang de marque internationale. Un investissement qui devrait rapporter gros, à l’instar du succès de la bière d’abbaye Affligem. Le 2e brasseur mondial va les distribuer partout où il est présent. Pour faire simple : le monde entier… à quelques exceptions près. Avec l’objectif de doubler les ventes de Mort Subite d’ici 2021. Le cap sera mis sur Singapour - et le fameux hôtel Raffles ? -, sur le reste de l’Asie, en Amérique et moult pays européens. En attendant, on la boira toujours dans un café mythique de Bruxelles : la Mort Subite, rue Montagne aux Herbes potagères. Son berceau historique où elle était diffusée par les frères Vossen. Renvoyant au jeu de "pitjesbak", la Mort Subite y reste un "must". Un café où touristes et "echte Brusseleirs" se mêlent aux comédiens et à des célébrités comme Charles Picqué. Et jusque dans les années 1970 aux journalistes de "La Libre" qui avaient leurs bureaux juste en face…