Belgique

On se souvient des camions semi-remorque chargés de (faux) billets de banques et déversés par les nationalistes flamands de la N-VA au pied de l’ascenseur de Strépy-Thieu en 2005 "Une erreur", admettra Bart De Wever par la suite. "Nous avions davantage crispé les positions qu’ouvert le débat en Wallonie sur les transferts Nord-Sud." Mais voilà qu’à l’aube de la campagne électorale, la N-VA remet le couvert en Région wallonne - toujours dans le registre du symbolique.

Accepter le débat

Depuis six jours, les habitants de Liège, de Charleroi, de Seraing, de Marcinelle ou de Gosselies, n’auront pas pu échapper aux grandes affiches publicitaires (20 mètres carrés) frappées du coq wallon et renvoyant au site www. prejuges.be. Barrées par trois slogans, "Plus d’autonomie, moins d’emploi ?", "Plus d’autonomie, mois de sécu ?" et "Plus d’autonomie, moins de sécurité", ces affiches sont le fait des nationalistes flamands. Ceux-ci se disent aujourd’hui désireux d’ouvrir le débat sur la réforme de l’Etat "sans être diabolisés". "Dès que l’on prononce le nom "N-VA", les gens pensent qu’on va tout casser et qu’on part en guerre", expose Bart De Wever. "C’est faux : nous voulons seulement ouvrir le débat de manière calme et posée. Et discuter de la réforme de l’Etat. On a fait cinq réformes de l’Etat dans ce pays, pourquoi ne pourrait-on pas en faire une autre. La Wallonie doit accepter de débattre de davantage d’autonomie."

"Vive les régions" : le site Internet mis en ligne donne le ton dès la page d’accueil. Et cite quelques "Wallons connus" en Flandre - Christophe Deborsu (RTBF) ou Dorothée Klein ("Le Vif"). Une citation de Didier Reynders est également reprise : "Ce que Didier Reynders appelle le "système soviétique" augmente de plus en plus", peut-on lire sur le site Internet. "Nous avons parfois l’impression de nous retrouver face à un mur avec les politiques francophones", reprend Bart De Wever qui dit très peu percevoir l’ouverture des responsables politiques francophones en matière de réforme de l’Etat. "L’un de nos grands problèmes", souligne-t-il, "c’est que le courant régionaliste wallon est mort : on a personne avec qui discuter face à nous."

Ainsi José Happart (PS) a-t-il décliné une invitation à débattre avec De Wever devant les caméras de la VRT : "C’est trop tôt", a-t-il récemment répondu. "Aujourd’hui", reprend Bart de Wever, "nous voulons nous montrer ouverts au débat, on veut réellement progresser dans cette réforme de l’Etat."

Solidarité ?

Au chapitre "Sécu", sur le forum de "prejuges.be", Philippe B. a écrit : "Je suis d’accord qu’il faut agir. L’évolution des coûts à charge des patients est intenable. Le patient belge doit payer de plus en plus de sa poche. Mais je ne vois pas comment une réforme d’état pourrait apporter une solution pour ce problème de justice sociale. La discussion s’est focalisée sur la question du refinancement de la protection sociale et sur la politique de baisse des charges patronales. C’est vrai que les Flamands apportent beaucoup aux systèmes mais nous sommes quand même tous des Belges. Et puis encore, si eux, ils veulent que la Sécu, et de manière générale toute leur prospérité, soit en mesure de faire face au choc du vieillissement ils auront peut-être un jour besoin de notre solidarité."

Tiens !, le débat est ouvert, semble-t-il, Mijnheer De Wever.