Belgique

La Fapeo, la Fédération des associations de parents de l’enseignement officiel est-elle vraiment neutre ? Représente-t-elle réellement tous les parents qui ont mis leur enfant dans l’enseignement officiel ?

C’est la question qui inquiète de nombreux parents et profs de religions, alors que cette Fédération milite activement ces derniers mois en faveur du cours de philosophie et de citoyenneté en lieu et place des cours de religions et de morale.

Ce doute est d’autant plus insistant que la Fapeo est, par décret, la seule fédération reconnue pour représenter les associations de parents dans l’officiel. Mais elle est dans le même temps une des associations constitutives du Cal, le Centre d’action laïque.

Pour de nombreux parents et profs dès lors, la volonté inscrite dans les statuts de la Fapeo "de veiller au respect, dans toutes les écoles officielles, du principe de neutralité", est devenue impossible et se voit bafouée.

Luc Pirson, président de la Fapeo, et membre par ailleurs du conseil d’administration du Cal, se défend de telles accusations.

"Si ces doutes sur la neutralité de la Fapeo existent, ils témoignent avant tout de graves amalgames. Car qu’est-ce que la laïcité, si ce n’est un principe qui assure l’émancipation et l’autonomie de chaque enfant, et qui veille à ce qu’il n’y ait pas d’ingérences religieuses dans la gestion des libertés et des droits de chacun ? Oui, la Fapeo s’appuie sur de tels principes qui respectent les religions, en veillant cependant à ce qu’elles n’exercent pas leur influence au sein de l’école."

Un gage de neutralité

Cette vision d’une politique neutre promue par la Fapeo et le Cal est loin d’être partagée, ne fût-ce que par les représentants des cultes qui regrettent plutôt une idéologie soucieuse d’affranchir la société de toute trace de religiosité.

En septembre, ces représentants s’indignaient d’ailleurs de la dernière campagne de la Fapeo qui incitait les parents à dispenser leurs enfants des cours de religions ou de morale, en les inscrivant à deux heures de cours de citoyenneté. "Les parents catholiques, musulmans, juifs, orthodoxes, protestants, évangéliques ont-ils été consultés pour rédiger ce tract ?, se demandaient les autorités religieuses dans une déclaration commune. Comme tels, ils n’ont pas été respectés et nous souhaitons le dénoncer."

Là aussi, Luc Pirson se défend, expliquant que cette campagne s’appuyait autant sur des arguments pédagogiques, que sur des valeurs de neutralité. "Ce cours n’occulte pas les religions. Il rassemble tout le monde et enseigne la pluralité des opinions."

A suivre Luc Pirson, l’appartenance aux Cal et à ses valeurs serait donc plus un gage de neutralité qu’une preuve de partialité.