Belgique

Avec le camp d'entraînement de Vogelsang (Ouest), l'armée belge vient de remettre aux autorités allemandes sa dernière installation majeure dans le pays, bouclant ainsi définitivement (ou quasi) le retrait de ses ex-Forces belges d'Allemagne (FBA).Ce domaine, d'une superficie de 33km2, a cessé d'être opérationnel fin 2004, après avoir servi de terrain d'entraînement, d'abord britannique, puis belge. Il sera intégré dès ce 1erjanvier au parc national de l'Eifel, dont la surface sera ainsi accrue de près d'un tiers. Il sera dès lors accessible au public.

Le camp comprend notamment un gigantesque complexe bâti par les nazis, destiné à dispenser une formation politique aux élites du régime. Détruire les bâtiments en pierre massive serait fort onéreux: 36 millions d'euros. La ministre régionale de l'Environnement de Rhénanie du Nord-Westphalie a suggéré de transformer Vogelsang en parc de loisirs, tout en se défendant de vouloir faire «un Disneyland chez les nazis». D'autres ont évoqué la possibilité de transformer les anciens dortoirs en hôtel cinq étoiles... Face à la virulence des débats, le Land n'a pas encore tranché.

«La dixième province»

Toujours est-il que la remise des lieux aux autorités allemandes, le 6 décembre, a marqué la fin de 60 ans de présence militaire belge outre Rhin.Ces FBA, longtemps qualifiées de «dixième province» en raison de la présence parallèle d'une importante communauté civile (familles, enseignants, services annexes), ont connu leur apogée avec quelque 40000 hommes au début des années 50, avant de voir leurs effectifs progressivement réduits. Ils étaient encore environ 24000 en novembre 1989, lors de la chute du Mur de Berlin.Les premiers militaires belges étaient arrivés dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, en tant que force d'occupation d'une Allemagne alors divisée en 4 secteurs. A la création de l'Otan, en 1949, par crainte d'une invasion soviétique, les troupes belges se verraient confier la défense d'une zone de 60km de large s'étendant d'Aix-la-Chapelle à Siegen, Soest, Brakel, Essentho et Arolsen en direction du «Rideau de Fer». En 1955, lorsque la RFA adhère à l'OTAN, les troupes belges perdent leur statut d'armée d'occupation pour s'intégrer dans le dispositif allié, équipé d'armes conventionnelles, mais aussi nucléaires.Le retrait d'Allemagne fut décidé en 2000 par le gouvernement dans le cadre de son «plan stratégique de modernisation» de l'armée d'ici 2015, sous le nom de Reforbel («REturn of FORces to BELgium»). Il avait été entamé en juin 2001 et s'est donc conclu par le départ de Vogelsang. Seul un petit «bureau de liaison» belge se trouve encore à Cologne pour quelques mois.

© La Libre Belgique 2005