Belgique

Plusieurs faits divers tragiques l'ont rappelé ce week-end. La période de Noël n'est pas seulement source de joie et de paix, elle peut aussi, chez certains, constituer une épreuve, difficile à surmonter. Selon les données de l'Institut national de statistique, le jour de Noël voit le nombre de décès tripler par rapport à la moyenne.

Dans la grande majorité des cas, il s'agit de morts naturelles. Elles peuvent avoir diverses causes. Les abus de bonne chère et de boissons alcoolisées, bien sûr, qui sont sources d'accidents de roulage et de défaillances physiques fatales.

Mais des médecins ont aussi observé que nombre de personnes atteintes de graves et longues maladies meurent ce jour-là, peut-être, même si ce n'est pas scientifiquement prouvé, parce qu'elles ressentent avec plus d'acuité que jamais l'inutilité de leur combat et qu'un trop grand chagrin les emporte.

En tout état de cause, la période des fêtes de fin d'année est propice aux suicides et aux alentours de Noël, des associations comme Télé-Accueil reçoivent un plus grand nombre d'appels qu'à l'accoutumée, même si l'on ne peut pas parler de «pic».

Le sentiment de solitude pèse cependant beaucoup plus lourd que pendant le reste de l'année, indiquent leurs responsables. Beaucoup ressentent comme insupportable que les autres festoient alors qu'ils sont condamnés à rester seuls, face à eux-mêmes et à leurs idées noires.

Ce ressentiment, cette sensation d'exclusion se traduisent parfois par des gestes de violence qui peuvent aller jusqu'au meurtre ou à la tentative, comme ce qui s'est passé dimanche à Messancy où un quinquagénaire a tiré sur son ex-épouse et son nouveau compagnon avant de retourner son arme contre lui (LLB du 26/12).

Selon une étude britannique, les repas de réveillon contiennent tous les ingrédients nécessaires à alimenter, si l'on ose dire, l'agressivité des gens. Et voilà pourquoi certaines réunions familiales finissent par dégénérer.

© La Libre Belgique 2005