Belgique

L’industrie pharmaceutique belge a réagi durement à la nouvelle mesure d’économie (12 millions d’euros par an, selon le secteur) approuvée par le gouvernement fédéral. Pour rappel, "La Libre" a révélé hier que le prix des médicaments protégés par un brevet allait être lié aux prix pratiqués dans six pays jugés comparables à la Belgique (Allemagne, Pays-Bas, France, Finlande, Autriche et Irlande). Et, s’il y a une baisse moyenne de prix dans ces pays pour tel médicament, son prix sera abaissé automatiquement en Belgique dans la même proportion.

Problème : la mesure, qui vise à contrôler le prix des médicaments, n’a pas été soumise au secteur, affirme-t-on du côté de Pharma.be, l’association générale de l’industrie du médicament en Belgique. "Une fois de plus, on constate que les économies décidées par le gouvernement l’ont été sans concertation avec le secteur, explique Christine Vanormelingen, directrice de la communication de Pharma.be. On a appris cela par la presse ! On ne connaît pas l’effet à long terme de ces mesures d’économies à court terme Il faudrait pourtant qu’on se penche tous ensemble sur les conséquences".

Voilà pour le volet "négociations". Et au sujet de la mesure elle-même ? Elle est inutile, laisse entendre Pharma.be. "On va, par ce système, comparer des pommes et des poires : le remboursement des médicaments est différent du nôtre dans les autres pays évoqués. Ce n’est donc pas comparable. Par exemple dans certains des pays du "panier", le prix d’entrée sur le marché des médicaments sous brevet est nettement plus élevé à la base qu’en Belgique. Dans certains de ces pays toujours, il existe un système de diminution du prix par échelons successifs, de manière progressive donc. En Belgique, le prix d’entrée du médicament est beaucoup plus bas que dans ces pays! Et le prix des médicaments après la période de brevet chute tout de suite de 40 à 50 % pour arriver parmi les meilleurs prix d’Europe. Cette mesure va juste mettre encore un peu plus de compétitivité dans les prix pharmaceutiques."

Enfin, la porte-parole de l’association de l’industrie pharmaceutique estime que le gouvernement fédéral s’en prend un peu trop volontiers à un pan stratégique de l’économie belge : "Ce qui nous inquiète également, explique-t-elle, c’est la pression supplémentaire que l’on met à l’industrie pharmaceutique en Belgique alors qu’elle est fortement innovante et qu’elle est la deuxième au monde ! Par ailleurs, cette industrie est fortement exportatrice et soumise à une forte concurrence mondiale. Avec ses 30 000 collaborateurs, elle pèse lourd dans le PNB belge !"