Belgique

Dans le jargon policier, l’appartement de la rue du Dries de Forest perquisitionné mardi était un "lieu froid", où on ne doit rencontrer personne. La fermeture des compteurs depuis un mois et demi ne présageait pas de présence humaine.

Les enquêteurs subodoraient une planque, comme à Auvelais ou Schaerbeek, où les attentats de Paris ont été préparés et qui était abandonnée de longue date lors du passage de la police. L’expérience leur a appris que c’était très chaud.

La perquisition n’avait pas été prise à la légère. Six policiers - dont deux français - s’étaient rendus mardi vers 14 h 15 sur place. Impossible vu le nombre de perquisitions - une centaine depuis le 13 novembre - de toujours mobiliser les Unités spéciales.

Un policier a utilisé un bélier pour faire sauter la serrure. Une fois la porte ouverte, les occupants ont fait feu. Ils avaient attendu. Une balle a déchiré le holster du policier au bélier. Elle a emporté le pontet de son pistolet. Les policiers ont immédiatement répliqué aux tirs de Kalachnikov et de riot gun, blessant à la jambe un des trois hommes. Des impacts de riot gun ont été retrouvés sur leurs gilets pare-balles. Après cet échange de tirs. Un policier est resté sur le palier pour que les autres dévalent les escaliers. Il a fui par les toits, tout comme deux des occupants du logement, abandonnant leur blessé.

Un policier sauvé par son casque

Une première équipe des Unités spéciales a pris le relais. Un de ses policiers n’a pu voir que les jambes du blessé et du sang sur le sol qu’il était à son tour la cible. Une balle a ricoché sur son casque avant d’emporter un bout d’oreille. Le blessé sera abattu à 18 h 15 par un tireur d’élite alors qu’il voulait faire feu de la fenêtre.

Les deux fuyards ont abandonné dans leur fuite une Kalachnikov, deux chargeurs et une veste noire. Ils se sont fondus dans le quartier et n’ont pu être repris.

Deux hommes ont été interpellés mardi soir : un homme avec une jambe cassée déposé à l’hôpital de Hal par un homme qui a pris la fuite à la vue de la police et un autre homme après une perquisition la nuit. Ils ont été relaxés mercredi après audition.

L’identité des deux fuyards n’a pu être déterminée. Il ne s’agit pas des frères Bakraoui, braqueurs cités hier dans ces pages, qui apparaissent dans le dossier.

L’homme abattu n’est pas connu de l’antiterrorisme, bien qu’il ait été croisé dans une perquisition.

C’est Mohamed Belkaïd, un sans-papiers algérien de 35 ans, connu pour un vol en 2014.

A côté des armes et des munitions, les enquêteurs ont mis la main sur un drapeau de l’EI, de la littérature salafiste. Aucun explosif n’a été découvert. Des téléphones, des PC ont été découverts. Leur exploitation pourrait se révéler intéressante. Elle est en cours.

Jacques Laruelle