Belgique

La boîte e-mail de Christine Defraigne (députée wallonne MR  et présidente du Sénat), comme celle de son président de parti, Olivier Chastel, risquent de chauffer dans les  heures qui viennent. En cause: les informations parues sur le site de lalibre.be qui relatent les représailles auxquelles pourrait se livrer le MR suite au vote, mercredi soir au Parlement wallon, d'une résolution réclamant au gouvernement fédéral de retirer son projet de loi sur les visites domiciliaires.
Si les députés MR se sont abstenus, suivant la consigne donnée par leur chef de groupe, Christine Defraigne a soutenu la résolution, comme elle avait déjà voté en faveur d'une motion dans le même sens au conseil communal de Liège. Une fronde qui pourrait lui coûter le financement de sa campagne communale, lui aurait-on fait comprendre au MR.

Deux lettres

Les visites domiciliaires, c'est aussi un dossier contre lequel la Plateforme citoyenne, qui organise l'hébergement des migrants de passage à Bruxelles, bataille ferme. Elle a donc saisi la balle au bond. Sur le groupe Facebook (fermé) de la Plateforme, les membres (ils sont plus de 40 000) ont été invités jeudi midi à envoyer deux lettres-type. La première, de soutien, à Christine Defraigne: "Nous saluons votre geste courageux, votre refus de vous laisser intimider par un caporalisme d'un autre âge". 
La seconde, indignée, pour exprimer "une profonde consternation" à Olivier Chastel. 

"Nous, citoyens, considérons que les députés de tous parlements doivent pouvoir s'exprimer librement, hors de toute discipline de parti, dès lors qu'on aborde des sujets d'ordre éthique, Ce qui est le cas en l'espèce. (...) Nous saluons le geste courageux de Mme Defraigne. (...) J'attends de votre part que, si une contrainte de quelque nature que ce soit devait être envisagée à l'encontre de Mme Defraigne, vous y renonciez sans délai, de façon explicite et claire". Le texte se termine par une formule de politesse, pas vraiment d'usage: "En vous remerciant, Monsieur le Président du MR, je vous prie d'agréer l'assurance de ma vigilance et de mon inquiétude".

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