Belgique

Ce n'est pas neuf: la Belgique traîne une dette colossale qui mine les gouvernements depuis plus de vingt ans. D'où vient-elle? La Belgique, pour assurer la paix sociale, communautaire, philosophique, a conclu des pactes coûteux.

Un pacte scolaire, tout d'abord, qui maintient des systèmes scolaires différenciés.

Des pactes communautaires ensuite. Du temps où l'Etat belge était encore unitaire, on pratiquait «la politique du gaufrier»: chaque fois qu'un franc belge était dépensé en Flandre, un autre franc devait être dépensé en Wallonie. Et vice versa. L'Etat belge a englouti des sommes faramineuses dans les ports d'Anvers et de Zeebrugge. En échange, on a construit des autoroutes en Wallonie. Partout. Des pactes sociaux, aussi. Fin des années 70, alors que la crise sévissait partout, la Belgique a continué à vivre au-dessus de ses moyens, accordant avantages sur avantages à chaque grève.

Début des années 80, il a fallu se rendre à l'évidence. Avec des déficits de plus de 13pc du Produit intérieur brut et une dette soumise à un effet boule de neige, les gouvernements ont été contraints d'appliquer des plans d'assainissement drastiques. Fin des années 80, pour réduire le poids de la dette, une opération «conforme au marché» a été entreprise: on a converti une partie des intérêts de la dette en nouveaux titres de la dette. Une forme d'étalement de la dette en quelque sorte. A présent, les circonstances ont changé. Les spécialistes estiment qu'une telle opération n'est plus envisageable.

© La Libre Belgique 2003