Belgique

Fi des caricatures : l’ex-évêque de Bruges, Roger Vangheluwe qui séjourne depuis sa démission forcée à l’abbaye cistercienne de Westvleteren n’y jouit en aucune manière de privilèges liés à son (ex) rang. A l’instar d’un certain nombre de clercs qui avant lui avaient aussi été déplacés sinon exilés dans d’autres monastères après s’être méconduits de manière inacceptable aux yeux de l’Evangile, l’ancien "patron" du diocèse de Bruges n’y bénéficie de nul traitement de faveur.

En fait, il y est astreint à suivre la règle de vie de tous les moines et donc les prescrits de saint Benoît demandant à la fois la prière et le travail.

Reste que même ce régime sans nulle faveur suscite de plus en plus de réactions négatives à la fois à l’extérieur et à l’intérieur de l’Eglise.

Il y a eu la prise de position de Rik Torfs, le canoniste de la KU Leuven mais aussi un papier-lettre ouverte très critique dans l’hebdomadaire chrétien flamand, "Tertio" qui suscite quelques remous. S’adressant au "fantôme de Westvleteren" auquel il donne du "monsieur" plutôt que du "monseigneur", notre confrère Jan De Volder y a eu des mots extrêmement durs à l’égard de Roger Vangheluwe, déplorant le fait que celui-ci ait décidé de se retirer dans son propre diocèse.

Pour De Volder, ce fut "l’expression d’un provincialisme déplacé dont vous aviez déjà fait montre en disant au début de cette année que vous n’aviez pas besoin de prêtres étrangers". Et le journaliste de "Tertio" de constater que si "une solution temporaire (de logement) à Westvleteren pouvait se concevoir", l’on ne pourrait admettre qu’il s’y installe à titre définitif.

Du côté du diocèse de Bruges, le porte-parole Peter Rossel a admis que "le moment est venu de trouver une solution définitive mais il n’est pas exclu que l’abbaye décide de le garder". Nous n’avons pas pu contacter le père-abbé Manu Van Hecke mais selon nos confrères du "Morgen", ce dernier laisse la porte ouverte à toutes les hypothèses, même si pour l’heure, l’on y étudie un possible transfert en un lieu moins voyant. Le débat lancé sur une réduction à l’état laïc - la peine la plus grave en droit canon - de Roger Vangheluwe n’est pas davantage clos.

Pour le moment, Mgr Léonard n’a pas encore donné son avis sur la question "la priorité du moment devant aller aux victimes" mais l’on devrait en savoir plus lundi prochain. Si Peter Rossel parle ici d’"une proposition sérieuse et grave à laquelle Mgr Vangheluwe doit réfléchir sérieusement", l’évêque d’Anvers Mgr Johan Bonny a laissé entendre que la question était à l’étude à Rome. De fait, la réduction à l’état laïc ne peut être décidée que par le Pape mais la personne concernée peut aussi demander d’être "dégradée" au rang de simple fidèle. Pour Johan Bonny, tout reste en fait possible puisque l’évêque déchu pourrait à la limite conserver son état actuel pour autant que l’on soit convaincu qu’il n’exercera plus aucune fonction. Mais cette solution-là n’agrée personne dans les hautes sphères ecclésiales où l’on dit que Roger Vangheluwe doit montrer sa contrition et présenter ses excuses. Et cela comme simple croyant vraiment repentant