Belgique

L’établissement high-tech a été inauguré mardi. Les premiers détenus arriveront mi-juillet.

Devant la prison de Leuze-en-Hainaut, flambant neuve, trois éoliennes tournent à vide. Comme l’établissement pénitentiaire inauguré en grande pompe, mardi, qui n’accueillera ses premiers locataires qu’à partir du 15 juillet. Au total, 312 détenus (dont 12 femmes dans un pavillon séparé) peuvent être hébergés dans la troisième nouvelle prison ayant ouvert ses portes en Belgique en moins d’un an. Après Marche, en octobre 2013, et Beveren, en février dernier. Haut mur de béton

Entouré d’un mur de béton de six mètres de haut, le complexe carcéral, planté le long de deux nationales, entre Tournai et Ath, est sorti de terre en 21 mois, via un partenariat public-privé.

L’ensemble, où dominent le béton, le verre et l’acier, est architecturalement très réussi. Des sources de lumière naturelle éclairent les espaces, de l’immense salle de sport aux cellules en passant par les couloirs.

Dans le bâtiment des visiteurs, différents espaces sont aménagés autour d’un patio, dont un petit jardin, conçu comme une plaine de jeux pour les enfants des détenus. La salle de visites “à table” a été prévue pour 30 visiteurs à la fois. Les condamnés ont droit à trois visites d’une heure par semaine ; les prévenus à une heure par jour. Mais ces visites pourraient être plus longues, jusqu’à deux heures. “On veut appliquer le principe de visites fluides, en fonction de l’occupation de la salle”, précise Christine D’Hont, directrice de la prison de Leuze. “Ce sont des moments très importants pour les détenus. On le sait très bien.”

Mieux que jusqu’ici

La prison de Leuze veut relever le pari d’une politique pénitentiaire plus humaine, qui vise à terme la réinsertion des détenus dans la société. Deux grands ateliers permettent à 80 prisonniers de travailler pour des entreprises privées. “On va faire mieux que ce qu’on a fait jusqu’à présent”, promet Christian Brotcorne, bourgmestre CDH de Leuze-en-Hainaut. “Un accompagnement efficace des détenus, on a tous à y gagner.”

Le bâtiment principal, en forme d’étoile, abrite la zone de contrôle, avec vue sur les quatre ailes de 75 cellules, disposées sur deux étages. Avec les vitres, les couleurs, les œuvres graphiques, on croit un instant pénétrer dans un musée. “La cathédrale !”, annonce Yves Coutens, chef des surveillants. Depuis ce centre névralgique, immense, on a un œil sur les 678 caméras de surveillance qui traquent chaque centimètre de cette prison high-tech.

“Prison Cloud”

L’espace est vaste. “Il pourra faire office de coin détente : on prévoit une zone avec des bancs, pour faciliter les contacts entre les détenus et les agents, et pour les détenus entre eux”, explique Hans Meurisse, patron de l’administration pénitentiaire.

Au début, la prison accueillera essentiellement des condamnés (environ 230) et des “renvoyés” (des prévenus dont la date du procès a été fixée).

Les cellules sont fonctionnelles : un lit, un bureau et une armoire, fixés au mur, ainsi qu’un espace sanitaire avec douche, lavabo et WC. L’aménagement est simple : un frigo (A +), un grand panneau d’affichage en liège et une poubelle à tri.

Et, surtout, un ordinateur, pour accéder au “Prison Cloud”. Cette plate-forme numérique ultra-sécurisée permet aux détenus de téléphoner, de louer des films, de commander des articles à la cantine, de pratiquer l’e-learning… Ils y trouvent encore des infos sur la vie dans la prison, leur planning hebdomadaire, l’organisation des visites… “Prison Cloud” permettra aussi bientôt de consulter numériquement son dossier juridique, d’envoyer des billets de rapports et de prendre rendez-vous avec la direction... “ Connect to build your future”, affiche l’écran.

Les cellules sont aménagées simplement : un lit, un bureau, une armoire-étagère, fixés au mur. Mais il y a un ordinateur sécurisé et un accès à la technologie “Prison Cloud”.