Belgique Ce mercredi, le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) n’a toutefois pas confirmé le chiffre.

Les agents de la Protection civile ont la gorge nouée. Une restructuration du réseau est en effet prévue pour le mois de janvier 2018. Une restructuration sévère puisque quatre des six casernes pourraient être fermées en Belgique : celle de Ghlin, de Libramont, de Liedekerke et de Jabekke. Seules celles de Crisnée, en province de Liège, et de Brasschaat, commune dont le ministre est bourgmestre, resteraient ouvertes. Cent quarante emplois seraient menacés, ce qui représente 30 % des effectifs actuels.

Interrogé ce mercredi à la Chambre, le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) n’a cependant pas voulu - ou pas pu - confirmer ces chiffres. La seule chose qu’il a bien voulu dire, c’est que "toutes les casernes ne pourraient rester ouvertes".

Rien n’est confirmé

Il semble en effet qu’un blocage du CD&V empêcherait l’avancée du dossier au Conseil des ministres. Jan Jambon avait déjà répondu au député PS Paul-Olivier Delannois qu’il tiendrait compte de deux critères afin de cibler les casernes : "L es critères économiques : l’état de l’infrastructure actuelle, les coûts nécessaires, l’évolutivité des sites, et les critères opérationnels : l’emplacement, l’accessibilité, la mobilité." Ce qui fait bondir les socialistes. Le député PS Eric Thiébaut considère la possible suppression de ces casernes comme un moyen pour la N-VA de "détricoter les services fédéraux en vue d’aboutir à une régionnalisation de ces services".

Du côté des syndicats, en tout cas, c’est l’inquiétude qui domine. Joëlle Brouillard, déléguée CGSP, travaille à la caserne de Ghlin. "Cela aurait des conséquences. Premièrement, parce qu’une partie des agents sera recasée dans des postes totalement différents comme chauffeur pour le Commissariat aux réfugiés et apatrides ou dans diverses équipes de sécurité. Les autres devront faire le déplacement vers la caserne de Crisnée, à 120 kilomètres de là. Le choix de conserver Brasschaat peut se justifier. C’est assez proche du port d’Anvers. Mais le Hainaut est la seconde province à compter le plus d’entreprises Seveso sur son territoire. Et nous avons également la base du Shape et de Chièvres à proximité. En cas d’attaque terroriste bio-chimique, il faudrait environ deux heures pour que les équipes de Crisnée se rendent sur place. Cette caserne est bien trop à l’est. Le choix devrait se poser sur une caserne plus centrale", conclut la déléguée syndicale.