Belgique

La position du ministre wallon de l'Economie, Jean-Claude Marcourt (PS), dans le dossier de la licence d'exportation accordée à New Lachaussée interpelle aujourd'hui nombre d'observateurs. Et pour cause. Lors de l'instruction du dossier par sa collègue Marie-Dominique Simonet (CDH), il serait intervenu auprès d'elle pour plaider en faveur de la délivrance de la licence. Certains avaient même parlé de pressions exercées notamment par lui et l'ancien syndicaliste devenu député wallon, Louis Smal (CDH), mais la ministre Simonet avait plutôt fait état d'intercessions d'acteurs liégeois sans jamais citer de noms.

«Je n'ai pas pesé sur la décision de Mme Simonet. L'octroi de la licence est un acte unilatéral et exclusif de sa part», nous avait déclaré l'ancien chef de cabinet de la vice-Première Laurette Onkelinx (PS).

Mais selon des observateurs, sa démarche n'est pas du tout surprenante au regard de sa proximité avec l'homme d'affaires belge, George Forrest, propriétaire du groupe George Forrest international (GFI) auquel appartient l'entreprise liégeoise New Lachaussée. En effet, avocat de profession, Jean-Claude Marcourt a été le conseil du groupe Forrest de 1987 jusqu'en 1991. Il était même devenu, en juin 2001 (jusqu'à sa nomination récente comme ministre), administrateur de George Forrest international et à ce titre, il avait été invité à témoigner, en novembre 2002, devant la commission d'enquête sénatoriale «Grands lacs», chargée de faire la lumière sur l'éventuelle participation de Belges au pillage de la République démocratique du Congo (RDC). Mais il s'en était bien sorti en affirmant que malgré son mandat d'administrateur, il n'avait jamais siégé au conseil de GFI en raison de ses fonctions.

Mais le cabinet d'avocats, Marcourt et Collins, qu'il a ouvert à Liège avec son associé Bruno Collins, continue toujours à s'occuper de certaines affaires commerciales du GFI.

© La Libre Belgique 2005