Belgique

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné six militants du groupe d’extrême droite Nation à des peines allant de douze à dix-huit mois de prison avec sursis pour avoir battu un sans-abri en raison de ses origines étrangères. Les faits s’étaient déroulés le 1er juin 2015, place du Luxembourg, à Ixelles.

Le tribunal a estimé que la prévention de coups et blessures était établie à l’encontre des prévenus qui ne contestaient pas être auteurs de coups mais qui affirmaient avoir été provoqués par la victime.

Le tribunal a suivi la thèse de la partie civile et du ministère public et a établi la circonstance aggravante que les coups ont été donnés en raison de l’appartenance, vraie ou supposée, de la victime à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. Ce que la défense, elle, contestait farouchement.

Cris de singe

Outre les peines de prison, le tribunal a aussi prononcé une amende de 1 200 euros pour chacun des membres de la bande.

Le 1er juin dernier, les six hommes avaient tenté de se mêler à une manifestation en faveur des sans-papiers en Belgique. D’après des témoins, ils lançaient des cris de singe lorsque des personnes d’origine étrangère passaient devant eux.

La police avait fini par repousser les militants de Nation, qui n’étaient pas là par hasard car, à cette époque, le groupuscule d’extrême droite organisait, chaque semaine, une opération appelée "les lundis de la légalité" et consistant à inviter membres et sympathisants à venir chahuter les manifestations également hebdomadaires des sans-papiers.

Fâché par l’attitude des six hommes, un SDF de nationalité belge et d’origine polonaise avait réagi, en lançant une chaise en direction de ceux-ci, avant de s’éloigner. Les militants de Nations l’avaient rattrapé et tabassé à l’aide de pavés et de bouteilles.

Filmé par un témoin de la scène, le passage à tabac avait circulé sur les réseaux sociaux. Les auteurs avaient été interpellés rapidement.

Pour le Centre interfédéral pour l’égalité des chances, qui s’était constitué partie civile, le jugement de mercredi constitue "une victoire contre la haine et le mépris". C’est ainsi en tout cas que s’exprimait son directeur, Patrick Charlier.