Belgique

Composé de représentants du patronat, des syndicats et du monde de la recherche - universités, supérieur non universitaire, centres de recherche et de représentants du gouvernement wallon -, le Conseil de la politique scientifique (CPS) a pour mission de formuler des avis et des recommandations sur la politique scientifique à l'intention du gouvernement wallon.

Pour la première fois cette année, le CPS a réalisé un rapport global d'évaluation de la politique scientifique de la Région wallonne et de la Communauté française. Quatre grandes recommandations - dont certaines bien connues - sont faites par le Conseil.

1 Budget. Avec seulement 2,02 pc de son PIB consacrés à la recherche scientifique, la Région wallonne est encore loin de l'objectif de Barcelone et de ses fameux 3 pc à atteindre avant 2010. Cependant, le président du CPS, Yves Jongen reconnaît que «l'augmentation du budget que la Communauté française consacre à la recherche va dans le bon sens, de même que le plan Marshall». Reste alors à tenir le cap du plan d'actions prioritaires pour la période 2007 à 2009, ce qui préoccupe les membres du CPS puisque pour cette période, «rien n'est encore garanti à 100 pc et d'importants arbitrages budgétaires devront avoir lieu», souligne Yves Jongen qui souhaite également que «la recherche fondamentale ne soit pas oubliée car c'est elle qui nourrira la recherche appliquée de demain».

2 Valorisation. Selon le CPS, la valorisation des résultats des recherches effectuées dans les universités et les hautes écoles est insuffisante. « Là aussi, le plan Marshall va dans le bon sens puisqu'il oblige les différents acteurs du secteur - entreprises, universités et hautes écoles - à travailler ensemble pour profiter de la manne financière, ce qui est une des clés de la réussite. Car sans concertation, les chercheurs risquent de travailler dans le vide pendant que les entreprises ne trouvent pas de réponses à leurs problèmes», explique le président.

3 PME. En Wallonie, on constate une forte concentration de la R&D industrielle dans les secteurs des hautes technologies et dans quelques grandes entreprises, notamment pharmaceutiques. Les PME sont donc à la traîne et selon Didier Paquot, le responsable R&D de l'Union wallonne des entreprises, «il faut mettre en place un réseau de support scientifique et technologique pour les PME et aller vers un véritable changement des mentalités pour que les PME cessent de penser que la R&D ne sert qu'aux autres».

4 Jeunes. Enfin, le CPS déplore que trop peu de jeunes s'intéressent encore aujourd'hui aux études scientifiques, malgré les nombreuses actions de sensibilisation déjà menées. « Nous espérons toutefois qu'à force de taper sur le clou et en renforçant encore nos actions, cela finira par payer», conclut Yves Jongen.

© La Libre Belgique 2006