Belgique

Le conseil des femmes francophones de Belgique (CFFB) voit d'un très mauvais œil la proposition, adoptée jeudi à la Chambre, visant à permettre la reconnaissance de la filiation paternelle sans délai minimal de grossesse.

Pour l'association, il s'agit d'une nouvelle "attaque au droit fondamental des femmes à décider de poursuivre ou non une grossesse". Dans un communiqué lundi, le conseil des femmes met en garde la population contre les dangers que fait courir cette modification législative. "Si les motivations avancées pour voter ce texte peuvent paraître louables, elles sont sans commune mesure avec les risques évidents que comporte une telle reconnaissance de filiation avant toute viabilité du fœtus: s'attaquer in fine à l'Interruption Volontaire de Grossesse", indique l'association.

La coupole des associations féminines francophones de Belgique rappelle que de nombreuses études ont démontré que dans 40% des cas de violence dans les couples, les premiers coups apparaissent avec la grossesse et qu'une I.V.G. sur 5 est directement liée à des violences. "En permettant cette reconnaissance de paternité précoce, le législateur offre, sans s'en rendre compte, un moyen de pression légal à un compagnon violent pour empêcher la femme enceinte de demander une IVG", relève Viviane Teitelbaum, la présidente du CFFB.

Le CFFB estime dès lors que cette proposition pourrait constituer une nouvelle brèche dans la législative relative à l'avortement. L'association y voit en fait les mêmes dangers que dans le dossier de la reconnaissance des fœtus, auquel elle s'est clairement opposée. "Nous refusons que soit supprimé l'article 80 bis du code civil (sur la déclarfation d'enfant né sans vie, NDLR) ainsi que le délai légal de reconnaissance d'un enfant mort-né -soit 6 mois de grossesse- comme nous refusons la délivrance d'un 'acte de naissance' à tout stade d'une grossesse accidentellement interrompue", insiste Viviane Teitelbaum.