La réforme de l'enseignement supérieur franchit une nouvelle étape

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Belgique

La réforme du paysage de l'enseignement supérieur a passé une nouvelle étape jeudi matin à Namur, avec un nouvel accord intervenu entre les partenaires de l'Olivier. "Le gouvernement approuve le texte qui peut partir pour demande d'avis au Conseil d'Etat", a tweeté le ministre de l'Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt (PS), alors que les gouvernements wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles étaient toujours réunis à l'Elysette.

La clé du compromis entre les partenaires de la majorité se trouve dans les habilitations conditionnelles pour les coorganisations et codiplomations entre institutions à Bruxelles, a-t-on confirmé au cabinet du vice-ministre-président socialiste. Ces habilitations - l'autorisation d'organiser un cursus - ne seraient octroyées qu'à la seule condition que le partenariat soit conclu avec une haute école déjà habilitée à organiser les études en question.

Pour le cabinet du ministre socialiste, de telles habilitations conditionnelles existaient déjà et l'accord n'était dès lors plus qu'une question de temps, nécessaire pour apaiser les craintes de l'UCL. Le vice-ministre-président cdH André Antoine, pour sa part, a souligné que le nouvel accord supprimait la possibilité d'une "polygamie forcée" entre institutions, dès lors que dans le projet initial, il aurait été "très difficile de refuser un partenaire". M. Antoine fait valoir l'autonomie de choix académique et philosophique, ainsi que la possibilité pour l'UCL d'obtenir avec des hautes écoles catholiques de Bruxelles un statut d'"universitaire" et plus seulement de "niveau universitaire".

M. Marcourt, de son côté, a insisté sur la création de l'Académie unique, qui confère "une cohérence plus grande à notre enseignement supérieur" afin de "sortir des logiques de concurrences, pour privilégier les collaborations et les synergies entre institutions, au-delà des clivages historiques et philosophiques".

Le dossier était devenu un point d'accroche entre les deux ministres, à tel point que ni Rudy Demotte ni Jean-Marc Nollet n'ont souhaité le commenter davantage lors d'un débriefing avec la presse jeudi en journée à l'Elysette. Avant que le dossier ne cale sur la question des habilitations, un premier accord avait déjà été trouvé en janvier dernier après plusieurs mois de débats.

Il prévoyait la création de l'ARES ainsi que de cinq "pôles géographiques" pour rassembler les matières liées au sol, les services et les infrastructures. Trois "zones académiques interpôles" (aide à la réussite et enseignement de type court) avaient alors été convenues - elles sont maintenues selon M. Antoine -, volonté du cdH de lier Bruxelles au Brabant wallon et ainsi préserver "l'insécabilité Wallonie-Bruxelles".

La réforme, qui concerne aussi le statut de l'étudiant et l'organisation de l'année d'étude, doit encore passer devant le Conseil d'Etat et le parlement. Son entrée en vigueur est envisagée à la rentrée académique 2014.

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