Belgique

La réforme des titres et fonctions, tout le monde la souhaitait et la jugeait absolument nécessaire depuis des dizaines d’années. Votée à l’unanimité en avril 2014, entrée en vigueur ce premier septembre, elle a pour objectif de remettre de l’ordre dans le recrutement des enseignants. De manière plus objective qu’auparavant, elle fixe les titres qui sont nécessaires et prioritaires pour enseigner un cours. Pour prendre un exemple concret, un prof diplômé en physique bénéficie d’un "titre requis" pour enseigner la physique, et sera prioritaire face à un biologiste, qui ne bénéficie que d’un "titre suffisant" pour enseigner ce cours. Le biologiste ne pourra ainsi enseigner la physique que s’il existe une pénurie avérée de profs bénéficiant d’un titre requis.

Mais voilà, bien ficelée sur papier, son application sur le terrain pose d’énormes problèmes. Les enseignants, les directions, les parents et aujourd’hui le réseau catholique (qui rassemble environ 60 % des élèves du secondaire) dénoncent explicitement cette mise en œuvre, et pointent ses différentes failles.

1. La charge de travail pour les directions s’est accrue. Depuis la rentrée, ce sont les directions que l’on entend le plus, tant la réforme augmente leur charge de travail et réduit leur autonomie. Cette réforme leur demande en effet un travail administratif important, même si la ministre se montre compréhensive et a mis en place des mesures transitoires (voir ci-contre). Selon le décret, pour engager un enseignant ne bénéficiant que d’un titre suffisant, un directeur doit produire un "P.-V. de carence" qui atteste qu’il n’a pas pu trouver un prof ayant le titre requis. Le site Primoweb est là pour les aider, mais ce site connaît d’importants ratés depuis son lancement, même si des progrès ont été faits.