La Région bruxelloise veut négocier

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Belgique

Le parlement bruxellois a adopté vendredi à une écrasante majorité des voix francophones et néerlandophones la proposition de résolution exigeant la présence de la Région bruxelloise en tant que telle autour de la table des négociations institutionnelles. Le texte a été soutenu par 75 "oui", 5 "non" (l'extrême droite) et 2 abstentions dont celle du chef du groupe CD&V Walter Vandenbossche. Comme il l'avait annoncé, le CD&V a tenté en vain d'introduire un amendement au texte pour atténuer cette exigence, lors de l'examen du texte en commission, vendredi matin.

"L'attitude du CD&V bruxellois a été déterminée en concertation avec la direction nationale du CD&V", a souligné la secrétaire d'Etat Brigitte Grouwels, interrogée dans les couloirs du parlement.

Au cours du débat en séance plénière, le chef du groupe CD&V Walter Vandenbossche a souligné que si le scénario d'une négociation de communauté à communauté était retenu, il serait normal que la Région-capitale soit de la partie, mais dans le cadre des compétences qui lui ont été attribuées et pas au-delà. C'est pour le redire au moment du vote qu'il s'est abstenu contrairement aux autres membres du groupe qui ont voté pour (Jos Chabert et Brigitte De Pauw).

Toujours dans les rangs flamands, Jean-Luc Vanraes n'a laissé planer aucune ambiguïté dans ses propos: "Le fait que nous ayons pu aussi rapidement nous mettre d'accord sur ce texte démontre que cette Région est le ciment de ce pays et peut servir d'exemple positif pour aider à faire aboutir les négociations", a-t-il dit. Marie-Paule Quix (sp.a-VlaamsProgressieven) a souligné que sa formation était partisane de négociations de Communauté à Communauté. Mais comme Jean-Luc Vanraes, elle a insisté sur l'expertise de la Région-capitale en tant que lieu de rassemblement permanent des grandes communautés du pays. Côté francophone également, les chefs de groupes qui ont pris part au débat ont insisté sur la valeur d'exemple de la co-existence pacifique des francophones et flamands de la Région bruxelloise. Rudy Vervoort (PS) s'est ainsi félicité de ce consensus, en décalage avec la situation politique actuelle à l'échelle du pays. Christos Doulkeridis (Ecolo) s'est dit opposé "à une garde alternée de Bruxelles" par les Communautés.

"Notre volonté d'y défendre la spécificité bruxelloise n'est pas communautaire. Elle est liée à la volonté des hommes et des femmes politiques de défendre leurs citoyens. Notre geste fera du bien non seulement aux Bruxellois, mais aussi à l'ensemble des Belges, à qui nous apportons la preuve des vertus positives de notre dialogue", a-t-il dit. Dans l'opposition, Françoise Schepmans a également justifié le soutien plein et entier de son groupe, même si elle aurait voulu voir certains considérants formulés un peu différemment.

Didier Gosuin a souligné la chance que représentait "la rencontre permanente des deux communautés à Bruxelles", par rapport à la situation politique actuelle du pays. Mais il a aussi adressé une mise en garde par rapport à d'éventuels transferts de compétences aux communautés, qui exacerberaient le principe des sous-nationalités déjà partiellement présent à Bruxelles.

"C'est le risque majeur auquel nous serions confrontés. A vous de veiller à ce que la cancer des sous-nationalités ne fasse pas métastases dans notre Région, a-t-il dit à l'adresse du ministre-président Charles Picqué, et du ministre flamand Guy Vanhengel (Open VLD).

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