Belgique

Et maintenant, que va-t-on faire ? Marino Keulen, le ministre VLD, responsable des Affaires intérieures au sein du gouvernement flamand a donc annoncé qu'il refusait de nommer les bourgmestres de Wezembeek, Kraainem et Linkebeek "coupables" d'avoir envoyé les convocations électorales en français.

Au lendemain de la deuxième gifle infligée par la Communauté flamande aux francophones (après le vote sur BHV), plusieurs questions se posent : comment réagir à cet acte pour le moins inamical, quel sera l'impact de ce nouveau coup de sang sur les négociations fédérales, le dialogue entre communautés verra-t-il le jour ?

1 La riposte. A l'invitation du président du MR, Didier Reynders, les présidents des partis francophones se retrouveront cet après-midi, au Parlement de la Communauté française pour définir une stratégie commune. Quelles sont les voies juridiques ou politiques de recours ? Peut-on reproposer les mêmes ? La bourgmestre de Rhode-Saint-Genèse (Myriam Delacroix, qui, elle, a été nommée) doit-elle prêter serment ou non ?

2 Le dialogue. Les présidents du MR, du PS, du CDH et d'Ecolo devraient également accélérer la mise sur pied du groupe Wallonie-Bruxelles, chargé de réfléchir à l'espace institutionnel francophone. Ils doivent également s'entendre sur une position commune à adopter avant de participer au dialogue que le Roi a suggéré de mettre sur pied pour la poursuite de l'élaboration équilibrée des institutions belges et le renforcement de la cohésion entre les communautés. Le PS s'y joindra-t-il ? Elio Di Rupo voulait une concertation préalable et jugeait souhaitable que les francophones parlent d'une même voix. Cela devrait être le cas. Mais il voulait aussi connaître le menu de ce dialogue, par crainte de se laisser entraîner dans un piège qui, en fait conduirait au dépeçage de l'Etat.

3 La relance. Et les négociations pour la constitution du gouvernement fédéral dans tout cela ? Elles étaient déjà arrêtées depuis mercredi dernier, depuis le vote flamand prévoyant la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Au FDF, on affirme qu'après ce coup de Jarnac, les négociations sont arrêtées pour longtemps. Le CDH dément formellement l'existence de toute négociation sur quelque thème que ce soit et notamment les questions institutionnelles, que ce soit dans un cadre bilatéral ou autre. " Il n'existe, pendant cette période de crise, que des contacts informels et personnels entre diverses personnes de divers partis de l'opposition ou de la majorité, visant exclusivement à trouver des solutions pour sortir de la crise dans le cadre de la mission royale visant à renforcer le dialogue entre communautés ." Tout est une question de nuance, évidemment.

4 L'avenir. Mais la question principale est bien de savoir qui va bien pouvoir renouer les fils du dialogue, faire en sorte que francophones et Flamands se retrouvent à la même table. Normalement, c'est bien la tâche du formateur, Yves Leterme, que de proposer aux présidents de l'orange bleue de se revoir pour discuter d'une réforme de l'Etat (demande flamande) qui s'inscrirait dans un cadre fédéral, négocié et consensuel (demande francophone). Est-ce encore possible ? Certains le pensent, même si plus que jamais la méfiance est de mise. Ce qui pourrait sauver l'orange bleue, c'est l'absence d' alternative, sauf à imaginer une grande coalition dont les libéraux ne veulent pas. Cette absence d'alternative, c'est bien peu pour assurer la cohésion d'une équipe.